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LIVRE XXXV.
Juin 1809.
Efforts pour dé-truire le pontde Presbourg.
Inutile bombar-dement de Pres-bourg.
Moyens par les-quels le maré-chal Davout sup-plée à la prisede Presbourg.
gués. On employa pour détruire ces autres portions du ponttous les moyens imaginables. On lança des bateaux chargésde pierres, des moulins en feu, comme avaient fait les Autri-chiens pour rompre notre grand pont, lors des journéesd’Essling. Mais celui qu’ils avaient à Presbourg, œuvre dutemps, gardé d’ailleurs par des bateliers qui arrêtaient lescorps flottants entraînés par le fleuve, résistait à toutes cestentatives, et n’en était nullement ébranlé. Le maréchal Da-vout alors, par l’ordre de l’Empereur, disposa des batteriesde pierriers, d’obusiers, de mortiers, sur le bord du Danube,et fit tomber sur les lies une horrible pluie de feu et de fer.Les soldats autrichiens supportèrent ce genre d’attaque avecune rare résignation, et n’en demeurèrent pas moins dans leslies qu’ils avaient mission de défendre. Poussé à bout parcette résistance, Napoléon ordonna de sommer la ville dePresbourg elle-même, et si elle refusait ou de se rendre, ouau moins de détruire son pont, de la ruiner jusque dans sesfondements. Le maréchal Davout, qui était un parfait hon-nête homme, mais un militaire impitoyable, commença sanshésiter cette cruelle exécution. Après avoir sommé le généralBianchi, oommaudant de Presbourg, il donna le signal du feu,et en quelques heures il jeta une innombrable quantité debombes sur la malheureuse ville condamnée à subir toutesles horreurs de la guerre. Après avoir allumé un incendiedans plusieurs quartiers, il somma de nouveau le comman-dant, ne demandant que ce dont il ne pouvait pas se dépar-tir, la destruction du pont. Le général Bianchi répondit quela conservation du pont -étant nécessaire à la défense de lamonarchie autrichienne, la ville de Presbourg Supporteraitles dernières extrémités plutôt qüé de oonsentir aux condi-tions qu’on mettait à son salut. Le maréchal Davout recom-mença ses rigueurs. Mais voyant qu’elles resteraient sansrésultat, car le général autrichien s’obstinait dans 'sa résis-tance, il céda enfin à un mouvement d’humarlité, et eut re-