Band 
[Vol. 6.]
Seite
322
JPEG-Download
 

322

LIVRE XXXV.

Juin 1809. fleuve, le coupaient obliquement, pour donner moins de priseà la force du courant. Cette œuvre non moins extraordinaireque le pont sur pilotis fut achevée presque aussi vite. Maiselle ne parut pas d’une efficacité certaine, car on vit plusd’une fois la ligne des pilotis forcée par des bateaux chargésde matériaux qui s’étaient échappés des mains des ouvriersNapoléon s’y prit alors autrement, il établit une surveillancecontinuelle au moyen des marins de la garde, lesquels circu-lant sans cesse dans des barques au-dessus de l’estacade, har-ponnaient les bateaux qui descendaient, et les amenaient surles rives. De la sorte, si l’estacade ne suffisait pas absolumentà les retenir, les marins accourant à force de rames devaientles arrêter, et les détourner de leur marche. Avec cet ensem-ble de précautions, les communications établies entre la rivedroite et l’ile de Lobau avaient acquis une certitude infaillible.

Mais ce n’était pas assez, aux yeux de Napoléon, que d’a-voir mis ses ponts à l’abri de tout danger de la part du fleuve.Une surprise de l’ennemi, une invasion subite dans l’ile deLobau, peut-être une retraite en désordre après une batailleperdue, pouvaient les exposer à une destruction imprévue etVaste tête de inévitable. Napoléon voulut les protéger par une vaste tête

pont en avant nu 1 1 ° 1

grand bras. t ] e p 0n { ; élevée dans l’ile de Lobau, de manière que cette lievenant à nous être enlevée, quelques bataillons pussent lesdéfendre, et que l’armée conservât ainsi le moyen de se reti-rer en sûreté de l’autre côté du fleuve.

Cette suite d’ouvrages liait d’une manière indissoluble l’îlede Lobau tant à la rive droite qu’à la petite ville d’Ebers-dorf, devenue notre base d’opération. Il fallait s’occuperencore des travaux à exécuter dans l’ile elle-même, pour enfaire un camp retranché, spacieux, sûr, commode, salubre,pourvu de tout ce qui serait nécessaire pour y vivre quel-ques jours. Napoléon satisfit à ce besoin avec autant de pré-voyance qu’à tous les autres.

U y avait dans l’ile de Lobau des terrains bas et maré-