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LIVRE XXXV.

Juin 1809.

Moyens em-ployé'» par!Napo-ie'on pour conte-nir, occuper etnourir le peuplede Vienne pen-dant le séjour deson année danscette capitale.

fleuve, pour acquérir ainsi une connaissance des lieux quiserait fort utile le jour de la grande opération. Napoléon avaitrecouvré un précieux débris de l’armée du général Dupont,c’était le brave capitaine Baste, commandant des marins de lagarde dans la campagne d’Andalousie, aussi bon officier d’in-fanterie qu’habile officier de mer, et le seul auquel Napoléoneût pardonné la catastrophe de Baylen, car il l’avait élevé engrade tandis qu’il poursuivait sans pitié ses compagnons d’in-fortune. Le capitaine Baste, devenu colonel, commandait en-core les marins de la garde, et devait être présent partout àl’heure du péril.

Napoléon partant presque tous les jours de Schœnbrunnà cheval, traversait au galop l’espace qui le séparait d’Ébers-dorf, venait surveiller, diriger, perfectionner les ouvragesqu’il avait ordonnés, et à chaque visite concevait une idée ouune combinaison nouvelle, pour arriver à une réalisation pluscertaine de ses projets. Les Viennois, sous les yeux, quel-quefois même avec le concours desquels s’exécutait cette pro-digieuse entreprise, frémissaient en secret, et sans la puis-sante armée qui les contenait, auraient fini par se soulever,car s’ils étaient doux, ils étaient patriotes, et animés des sen-timents qui conviennent à un grand peuple. Mais Napoléonavait pris des soins extrêmes pour les calmer. La disciplineavait été rigoureusement observée. Pas un propos, pas unacte offensant n’étaient permis ; toute infraction était répriméeà l’instant même. Les vivres manquant, Napoléon avait tiréde Hongrie des quantités considérables de grains et de nom-breux convois de bestiaux, de telle sorte qu’on vivait à Viennesans payer les subsistances trop cher. Il avait consenti àemployer la bourgeoise pour le maintien de l’ordre, parce quenos troupes ne parlant pas la langue du pays, étant d’ailleursétrangères et ennemies, étaient moins propres qu’une milicenationale à se faire écouter quand il y avait du tumulte. Maisil avait limité à six mille les bourgeois employés à cet usage,