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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXV.

Juin 1809. corps d’armée. D’après les ordres expédiés, l’armée d’Italiedevait arriver le 4 au matin, l’armée de Dalmalie et les Ba-varois le 5 au plus tard. Les Saxons rendus à Vienne depuisquelques jours, ainsi que la division française Dupas, passè-rent avec les premières troupes dans l’ile de Lobau. Les corpsétaient reposés, bien nourris, et animés des meilleures dis-positions. Quelques bataillons et escadrons de marche, arri-vés en juin, beaucoup d’hommes sortis des hôpitaux, avaientservi à réparer, non pas la totalité mais une partie des pertes.La garde était superbe, complète en toutes armes, mais sur-tout en artillerie. En additionnant les troupes de Masséna,d’Oudinot, de Davout, de Bernadotte, du prince Eugène, deMacdonald, de Marmont, du Bavarois de Wrede et de lagarde, on pouvait supposer un total de 150 mille hommes,dont 26 mille cavaliers et 12 mille artilleurs servant 550bouches à feu, force énorme que Napoléon n’avait pas encoreréunie sur un même champ de bataille, et qui, si on consultebien l’histoire du monde, n’avait encore figuré sur aucun 1 .Outre cette force si considérable, Napoléon avait auprès de luil’invincible Masséna, meurtri d’une chute de cheval, mais ca-pable de dominer un jour de bataille toutes les douleurs phy-siques; l’opiniâtre Davout, le bouillant Oudinot, l’intrépideMacdonald, et une foule d’autres qui étaient prêts à payer deleur sang le triomphe de nos armes. L’héroïque Lannes, mortdes suites de ses blessures, à Ébersdorf, entre les bras deNapoléon et au milieu des regrets de toute l’armée, y man-quait seul. La destinée le privait d’assister à une victoire àlaquelle il avait puissament contribué par sa conduite danscette campagne, mais elle le dispensait aussi de voir les

1 Les historiens anciens, et ceux du moyen âge, ont allégué en quelquesoccasions des nombres de combattants beaucoup plus considérables, maisune foule de raisons, inutiles à rapporter ici, prouvent que ces allégationssont tout à fait exagérées. Je crois donc vrai de dire qu'il ne s’était pasrencontré encore autant d’hommes, armés d’aussi puissants moyens de des-truction , sur un même champ de bataille.