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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXV.

•lui» 1809. réussit à établir un pont de bateaux, et la division Legrandpassant sur ce pont en toute hâte, puis traversant le petitbois qui s’étend au delà, vint déboucher entre Essling et As-pern. Après avoir remassé quelques prisonniers et tué quel-ques hommes, la division attira, en se montrant, une vivecanonnade de la part des redoutes ennemies, et quand lejour fut venu elle aperçut un déploiement de forces qui nelaissait aucun doute sur la présence en ces lieux de la princi-pale armée autrichienne. Dès ce moment Napoléon n’avaitplus à craindre que l’ennemi eût disparu; il était certain aucontraire de l’avoir devant lui, et de pouvoir bienlôt finir laguerre dans la vaste plaine du Marchfeld.

itusoiutiona L’archiduc Charles se trouvait en effet vis-à-vis, sur les

de l'arrhiduc

chartes, hauteurs de Wagram, flottant entre mille projets, ne sachantauquel s’arrêter, et, comme d’usage, ne s’attachant à en exé-cuter aucun. 11 avait employé les premiers jours qui avaientsuivi la bataille d’Essling à se laisser féliciter de sa victoire,.à se prêter même à des exagérations ridicules, qui pouvaienttoutefois avoir un côté sérieux, celui d’agir utilement sur lesesprits. Mais il n’avait rien fait pour se procurer, après unsuccès douteux, un succès incontestable. Ce n’est pas assuré-ment de n’avoir point envahi la Lobau, comme nous l’avonsdit ailleurs, qu’on pouvait l’accuser; ce n’est pas non plus den’avoir point essayé, au-dessus ou au-dessous de Vienne, unpassage qui aurait pu amener la délivrance de l’Autriche,mais aussi sa ruine totale; mais sans imposer au géné-ralissime des plans compliqués et hasardeux, pourquoi, puis-que la bataille d’Essling lui avait paru une merveille, pour-quoi ne pas profiter de la leçon, et ne pas en tirer une autrebataille d’Essling plus complète et plus décisive? Cet événe-ment tant vanté par les Autrichiens était l’expression de ladifficulté militaire que Napoléon avait à vaincre, et qui con-sistait à passer un grand fleuve, pour livrer bataille avec cefleuve à dos. Il fallait dès lors né rien négliger pour accroître