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LIVRE XXXV.
juillet 1809. de 12 à 20 mille le renfort que lui eût amené l’archiduc Jean.
Enfin l’archiduc Ferdinand faisait en Pologne une campagneinutile, et employait 30 à 35 mille hommes d’excellentestroupes en courses ridicules de Thorn à Sandomir. Enconservant dans cette partie du théâtre de la guerre unequinzaine de mille hommes pour contenir non les Russes,qui étaient peu à craindre, mais les Polonais, qui se mon-traient.assez entreprenants, on aurait eu encore une ving-taine de mille hommes qui eussent pu concourir à sauver lamonarchie sous les murs de Vienne.
Ainsi en manœuvrant comme Napoléon, avec cet art quiconsiste à ne laisser en chaque lieu que l’indispensable, pourporter sur le point décisif tout ce qui peut y être réuni sansfaire faute ailleurs, l’archiduc Charles aurait eu le moyen d’a-mener 20 mille hommes de Preshourg, 9 à 10 mille de Linlz,et 20 de Cracovie, ce qui eût ajouté 50 mille hommes à sesforces, et peut-être décidé la question en sa faveur. Que se-rait-il arrivé, en effet, si les Français débouchant avec 140ou 150 mille hommes, en eussent rencontré 200 mille, dont80 dans une position inexpugnable et 120 leur tombant dansle flanc pendant l’attaque de celte position? H est probableque, malgré tout son génie, Napoléon, dans cette plaine duMarchfeld, eût trouvé trois ou quatre ans plus tôt le terme desa prodigieuse grandeur.
L’archiduc, entrevoyant mais ne voyant pas sûrement quetout se déciderait entre Wagram et File de Lobau, n’avaitrien exécuté de ce que nous venons de dire. Il avait campéses troupes sur les hauteurs de Neusiedel à Wagram, les yavait baraquées, les faisait manœuvrer pour instruire ses re-crues, les nourrissait assez abondamment avec du pain et dela viande fournis par les juifs, mais les laissait manquer depaille, de fourrage, d’eau (excepté pour les corps placés prèsdu Russbach), et par conséquent ne les avait pas même mises àl’abri des privations, bien qu’il fût dans son pays, et secondé