Band 
[Vol. 6.]
Seite
337
JPEG-Download
 

WAGRAM.

337

du fleuve. La double réserve de cavalerie et de grenadiers, Juincantonnée entre Wagram et Gerarsdorf, liait les deux massesde l’armée autrichienne. Celle de gauche, qui campait entreNeusiedel et Wagram, aurait pu défendre les hauteurs opi-niâtrément, et, pendant ce temps, celle de droite qui s’étendaitde Gerarsdorf à Stamersdorf, aurait dû prendre l’offensive,se porter dans le flanc des Français, les séparer du Danube,ou les jeter dans ce fleuve. L’archiduc pensait effectivement àse conduire de la sorte, comme on le verra bientôt, mais sansavoir construit aucun des ouvrages qui auraient rendu inabor-dable la position entre Wagram et Neusiedel.

Enfin la dernière précaution à prendre eût été de concentrerses forces, de façon à être sur le champ de bataille supérieur êStr^Ëssîing'eten nombre à son adversaire. Le mouvement successif de Wasram 'concentration qui amenait, les uns après les autres, les corpsfrançais sous Vienne, était en partie connu du généralissimeautrichien, bien que la manœuvre principale, celle qui devaitfaire participer l’armée d’Italie à la grande bataille, lui fûthabilement dérobée. Cette manière d’agir aurait dû lui ser-vir de leçon, et le porter à réunir entre la Lobau et Wagramtoutes les troupes qui n’étaient pas indispensables ailleurs.

Cependant, comme tous les esprits indécis, il n’avait que très-imparfaitement suivi l’exemple si instructif de son adversaire.

Il avait en effet appelé de Lintz à Wagram le corps de Kollo-vrath, ce qui l’avait renforcé d’une vingtaine de mille hom-mes. Mais il en avait laissé sur le haut Danube au moinsune douzaine de mille, dont il aurait pu attirer encore unepartie, les Français n’ayant évidemment aucun projet de cecôté. 11 songeait à faire venir l’archiduc Jean, tandis qu’il au-rait déjà dû l’avoir auprès de lui, la ville de Presbourg pou-vant se défendre avec 3 ou 4 mille hommes de garnison. 11aurait pu lui adjoindre le général Chasteler avec 7 ou 8 millehommes, car pour batailler en Hongrie avec les postes françaisrestés sur la Raab, le ban Giulay suffisait, ce qui aurait élevé

TOM. X. 22