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LIVRE XXXV.
Juillet 1809.
aperçut très-distinctement les deux colonnes autrichiennes,qui, débouchant au delà du Russbach, attaquaient les villa-ges de Glinzendorf et de Grosshofen. 11 était suivi par unebrigade des cuirassiers de Nansouty, pourvue de quelquesbatteries d’artillerie légère. Napoléon les fit diriger sur leflanc de la colonne qui attaquait Grosshofen, ce qui exé-cuté instantanément viut fort à propos, car cette colonnefatiguée d’essuyer inutilement une mousqueterie meurtrière,avait assailli ce village et l’avait emporté à la baïonnette.Mais le général Puthod, résolu à le reprendre s’y jeta àson tour à la tête d’une réserve, et, secondé par l’ar-tillerie légère de Nansouty, réussit à s’en rendre maître.Les Autrichiens, repoussés ainsi de front, mitraillés en flancfurent obligés de rétrograder jusqu’au Russbach. Même chosearriva à la colonne qui, ayant débouché de Neusiedel surGlinzendorf, trouva en face la droite de Gudin, la gauche deFriant, et en flanc l’artillerie légère des cuirassiers du généralArrighi. Elle fut obligée de se replier également sur le Russ-bach. Cette première tentative allait être renouvelée avec uneplus grande énergie par le prince de Rosenberg, lorsque l’ar-chiduc Charles, pensant avec raison que sa gauche commen-çait la bataille prématurément, lui ordonna de ralentir sonaction, et de ne pas trop s’engager encore. Le prince de Ro-senberg reprit alors sa position sur les pentes de Neusiedel,en arrière du Russcach.
En ce moment le bruit de la fusillade et de la canon-nade était devenu général sur ce front immense de troislieues, le long duquel trois cent mille hommes et onzecents pièces de canon étaient en présence. Napoléon, quivoyait partout une sorte d’attaque simultanée de la partde l’ennemi, sans projet clairement dessiné, jugea néan-moins qu’il fallait, dans tous les cas, enlever les hauteursde Neusiedel, afin d’occuper le point vers lequel l’archiducCharles et l’archiduc Jean pouvaient se rejoindre. L’in-