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LIVRE XXXV.
Juillet 1809.
Arrivée de Na-poléon à Zuaïm,et entrevue avecle prince JeandeLiechtenstein.
Délibération surla demande d’ar-mistice faite parles Autrichiens.
pas laisser le maréchal Masséna lutter tout seul, avait dé-bouché de Teswitz, et, de moitié avec lui, poussait les Autri-chiens sur Zuaïm. On les avait acculés, on leur avait enlevéune masse considérable d’hommes, tué ou blessé beaucoupde monde, et on allait, en forçant Znaïm, les contraindre àune retraite désordonnée. Mais la garde n’étant pas encorearrivée, il n’y avait aucun espoir de les envelopper. Il estvrai que trois mille chevaux de celte garde avaient déjà paru,et que, joints à la cavalerie de Monlbrun, aux cuirassiers dede Saint-Sulpice, ils pouvaient rendre la retraite des Autri-chiens singulièrement meurtrière.
Mais Napoléon, survenu au milieu de ces entrefaites, avaitrencontré l’envoyé du général Bellegarde, et reçu le princeJean deLiechtenstein lui-même, qui venait demander une sus-pension d’armes, et promettre au nom de l’honneur militairel’ouverture d’une négociation pour la conclusion immédiate dela paix. Napoléon, avec le major général Berthier, M. Maret,duc de Bassano, et le grand maréchal Duroc, conféra un in-stant sur le parti à prendre. II pouvait, en occupant lesAutrichiens quelques heures de plus par un combat opiniâtre,gagner peut-être assez de temps pour les tourner, et tout aumoins lancer à leur suite dix mille chevaux, qui les auraientjetés dans un désordre épouvantable. Mais sans recourir àce moyen il avait la certitude d’obtenir les conditions de paixles plus avantageuses, et son orgueil étant satisfait de voirle plus brillant, le plus noble officier de l’armée autrichienne,venir implorer humblement la fin de la guerre, il inclinait às’arrêter dans sa marche victorieuse. Il y eut plusieurs avissur ce sujet. Les uns disaient qu’il fallait en finir avec lamaison d’Autriche, et briser sur sa tête le nœud de toutes lescoalitions, pour qu’on ne les vit pas renaître quand on retour-nerait en Espagne pour y terminer la guerre. Les autres al-léguaient le danger de prolonger une lutte entreprise avecdes moyens improvisés, finie en trois mois par un miracle de