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LIVRE XXXVI.
Août 1809 .
naturel de se mêler beaucoup de l’expédition de Walcheren.Convoquer les gardes nationales, presque en son nom et pourson compte, écrire des proclamations, mettre un grand nom-bre d’hommes en mouvement, choisir un chef militaire de sapropre main, tout cela convenait à sa double vue, de paraîtreà Schœnbrunn très-zélé, et à Paris très-iniluent. Il approuvabeaucoup les idées de M. Decrès, et le conseil s’étant réuni le1 er août au matin, sous la présidence de l’archichancelierCambacérès, il appuya les propositions du ministre de la ma-rine. Celui-ci fort véhément, comme un homme très-pré-occupé des dangers que courait Anvers, demanda la convo-cation extraordinaire de cent mille gardes nationaux, et lanomination du maréchal Bernadotte pour les commander. Cespropositions qui avaient lieu de paraître excessives, mêmedans le cas le plus grave, surprirent et mirent en défiance leministre de la guerre Clarke, dont le caractère n’était pasplus sûr que celui de M. Fouché, mais qui avait beaucoup desens, de pénétration, et qui doutait extrêmement du goût deNapoléon soit pour les gardes nationales, soit pour le princede Ponte-Corvo. Il soumit ses doutes au conseil, et énuméraensuite les moyens qu’il avait à sa disposision sans recouriraux gardes nationales, moyens qui consistaient dans les demi-brigades provisoires instituées par Napoléon, dans la gendar-merie , dans les gardes nationales d’élite déjà organisées sousle sénateur Rampon, dans les troupes du camp de Boulogne.Le tout pouvait faire une trentaine de mille hommes, sous lesénateur Sainte-Suzanne, ancien officier de l’armée du Rhin,que Napoléon dans la prévision d’une expédition anglaise,avait chargé du commandement des côtes depuis la Picardiejusqu’à la Hollande. Ce sénateur, quoique malade, avait dé-claré qu’il était prêt à prendre son commandement. 11 restaitenfin le roi de Hollande lui-même, qui accourait avec quel-ques troupes sur Anvers, et qui en sa qualité de connétableavait déjà en 1806 été revêtu par Napoléon du commande-