LE DIVORCE.
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Napoléon, prompt à se défier, blâma fortement M. Fouché deremuer ainsi la France pour un danger déjà fort éloigné dumoment présent, fort éloigné surtout des provinces qu’on agi-tait par des appels intempestifs. Il dit qu’il comprenait qu’onlevât trente ou quarante mille hommes dans le Nord, près dupoint de la descente des Anglais, le lendemain de cette des-cente, mais que demander jusqu’à deux cent mille hommes,en Provence, en Piémont, à trois mois de date de l’expédition,était de la folie. 11 insinua même qu’il y voyait autre chosequ’un défaut de prudence et de bon sens. 11 ordonna le li-cenciement de la garde nationale de Paris, composée de jeu-nes gens qui avaient la prétention, non point de servir, maisde garder la personne de l’Empereur; et il leur fit dire qu’ilfallait, pour avoir cet honneur, quatre quartiers de noblesse,c’est-à-dire quatre blessures reçues dans quatre grandes ba-tailles, et qu’il n’avait pas besoin de gens qui ne voulaientpas de dangers, mais de beaux uniformes. Il prescrivit derenvoyer dans leurs foyers la plupart des officiers tirés de laretraite, en recommandant de chercher des sujets dans lesmajors de régiment, qui étaient tous des officiers de mérite.Enfin après avoir exprimé sévèrement la défiance que lui in-spirait l’agitation qu’on avait si témérairement produite, ildonna des instructions pour qu’avant son retour chaque choserentrât dans l’ordre accoutumé, et qu’un reflux des forcesdisponibles s’opérât de toutes parts vers l’Espagne.
Ses dispositions ainsi arrêtées en vingt-quatre heures, ils’apprêta à partir sans attendre la réponse de Dotis, afin derendre le refus de ratification impossible, car il n’était pasprobable qu’on osât courir après lui pour dire qu’on refusaitla paix. Un incident survenu un peu avant son départ, donnabeaucoup à penser tant à lui qu’à ceux qui l’entouraient. Le12 au matin, il passait à Schœnbrunn l’une de ces grandesrevues, où figuraient les plus belles troupes de l’Europe, etoù l’on accourait avec autant de curiosité à Vienne, à Berlin,
TOM. xi. 15
Octoli. 1809:
Tentative d’as-sassinat faite surla personne deNapoléon par unjeune Allemandnommé Staaps.