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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVII.

Octob. 1809.

Départ de Napo-léon pour Munichavantd'avoirrecula ratification autraité de paix.

siècle, comme la cause de l’agitation incessante et terrible duinonde. Déjà l’Europe ne nommait plus que lui dans ses dou-leurs. Que ne tirait-il de la bouche de ce fanatique une leçonprofonde et durable, au lieu d’une impression passagère,mêlée d’une certaine pitié pour son assassin, et de quelquetristesse pour lui-même! Tout en effet révélait qu’un senti-ment violent naissait dans les âmes, car la police recueillitplus d’un propos attestant des pensées d’assassinat, elle ob-tint même la révélation d’un soldat à qui, dans l’ile de Lobau,on avait fait la proposition de tuer l’Empereur.

Napoléon commençait à sentir son isolement moral, et sepromit d’y penser; mais il ordonna de ne faire aucun bruitde cette aventure 1 , songea même un instant à grâcier le cou-pable, puis réfléchissant qu’il fallait effrayer les jeunes fana-tiques allemands, il livra Staapsàune commission militaire, etpartit dans la nuit du 15 octobre, laissant l’ordre de lui faire

1 «Au ministre de la police.

„ Schœnbrunn, ie 12 octobre 1809.

»Un jeune homme de dix-sept ans, fils d'un ministre luthérien d’Erfurt, acherché à la parade d’aujourd’hui à s’approcher de moi. Il a été arrêté parles officiers, et, comme on a remarqué du trouble dans ce petit jeune homme,cela a excité des soupçons, on l’a fouillé, et on lui a trouvé un poignard.

»Je l'ai fait venir, et ce petit misérable, qui m'a paru assez instruit, m’adit qn’il voulait m’assassiner pour délivrer l’Autriche de la présence desFrançais, Je'n’ai démêlé en lui ni fanatisme religieux, ni fanatisme politique.11 ne m’a pas paru bien savoir ce que c’était que Brutus. La fièvre d’exal-tation où il était a empêché d’en savoir davantage. On l’interrogera lors-qu’il sera refroidi et à jeun ; il serait possible que ce ne fût rien. Il sera tra-duit devant une commission militaire. — J’ai voulu vous informer de cetévénement, afin qu’on ne le fasse pas plus considérable qu’il ne paraît l’être.J'espère qn’il ne pénétrera pas. S’il en était question, il faudrait faire pas-ser cet individu pour fou. Gardez cela pour vous secrètement, si l'on n’enparle pas. Cela n’a fait à la parade aucun esclandre; moi-même je ne m’ensuis pas aperçu.

»P. S. Je vous répète de nouveau, et vous comprendrez bien qu’il fautqu’il ne soit aucunement question de ce fait.

«NaPOCi.'OiN. »