LE DIVORCE.
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laquelle il était résolu de sacrifier sa vie. Il n’avait pas de Octob. imcomplice, et son âme enivrée de celte folie criminelle, s’étaitisolée au lieu de se communiquer à d’autres. Napoléonl’ayant interrogé avec douceur sur ce qu’il était faire àSchœnbrunn il avoua qu’il était venu pour le frapperd’un coup mortel. Napoléon lui demandant pourquoi, ilrépondit que c’était pour affranchir le monde de son funestegénie, et particulièrement l’Allemagne qu’il foulait aux pieds.
— Mais cette fois au moins, reprit Napoléon, pour être juste,vous auriez dû diriger vos coups contre l’empereur d’Autricheet non contre moi, car c’est lui qui m’a déclaré la guerre. —
Staaps prouva par ses réponses qu’il n’en savait pas tant, etque cédant au sentiment universel, il attribuait à l’Empereurdes Français seul la cause des malheurs de l’Europe. Napo-léon considérant ce jeune homme avec une pitié bienveillante,le fit examiner par le médecin Corvisart, qui déclara qu’iln’était pas malade, car il avait le pouls calme, et tous lessignes de la santé. Napoléon demanda ensuite au jeune Staapss’il renoncerait à son projet criminel, dans le cas où on luiferait grâce. — Oui, dit-il, si vous donnez la paix à mon pays,non si vous ne la lui donnez pas. — Toutefois, l’assassin con-duit en prison, parut étonné de la douceur, de la bienveillantehauteur de celui qu’il avait voulu frapper, et eut besoin de ré-veiller en son cœur son féroce patriotisme pour ne pas éprou-ver de regrets. 11 se prépara à mourir en priant Dieu, et enécrivant à ses parents.
Napoléon se montra peu ému de cet incident, et affecta dedire qu’il était difficile d’assassiner un homme tel que lui. Ilcomptait, outre la difficulté de l’approcher, sur le prestige desa gloire, et sur sa fortune, à laquelle il avait confié tant defois sa vie avec une insouciance héroïque. Une réflexion néan-moins le préoccupa beaucoup, c’est que ce n’était plus la ré-volution française, mais lui, lui seul, qui devenait l’objet dela haine universelle, comme l’auteur unique des maux du
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