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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVII.

Octob. 1809. sa part un oubli de lui-même, désolant pour les admira-teurs de son rare génie, alarmant pour ceux qui songeaientà l’avenir de la France, impossible même à expliquer si onn’en tirait pas la leçon, tant de fois reproduite dans l’histoire,que l’homme le plus grand n’est plus qu’un enfant, dès queles passions s’emparent de lui.

Il faut que cette comédie finisse, avait dit Napoléon dansune de ses lettres, et il est vrai qu’elle ne pouvait pas durerdavantage. Égorger le pontife, ce dont assurément le noblecœur de Napoléon était incapable, eût mieux valu que de leDecret du 17 mai laisser au Quirinal s’agiter, se dégrader presque par l’irrita-

qui abolit la puis-

sancetemporelle tion qu’il éprouvait. Napoléon avait donc pris le parti den ies à Etats’ l du e su PP r i mer la puissance temporelle du Pape, et il avait atten-Saint Sie'ge. du p 0ur p ron oncer sa sentence qu’il n’eût plus de ménage-ments à garder envers l’Autriche. Le 17 mai, en effet, aprèsles batailles de Ratisbonne et d’Ébersberg, après l’entrée àVienne, il avait à Schœnbrunn décrété la suppression de laApplication aux puissance temporelle du Pape, et déclaré les États du Saint-

États romains .. .. , , . .

des principes de Siège reunis à l’Empire. Il avait nomme pour administrer

la révolution

française. ces Etats une consulte composée de princes et de bourgeoisromains, proclamé l’abolition des substitutions, de l’inquisi-tion, des couvents, des juridictions ecclésiastiques, et appli-qué enfin à l’État romain tous les principes de 1789. Il avaitlaissé à Pie VII les palais de Rome, une liste civile de deuxmillions, et toute la représentation pontificale, disant que lesPapes n’avaient pas besoin de la puissance temporelle pourexercer leur mission spirituelle, que cette mission même avaitsouffert de leur double rôle de pontifes et de souverains,qu’il ne changerait rien à l’Église, à ses dogmes, à ses rites,qu’il la laisserait indépendante, riche et respectée, mais que,successeur de Charlemagne, il retirait seulement la dotation d’unroyaume temporel que cet empereur avait faite au Saint-Siège.Tout cela était dit en un langage impérieux, grandiose, spécieux,mais bien étrange dans la bouche de l’ancien Premier Consul!