LE DIVORCE.
233
jour et nuit à toutes les issues du palais Quirinal, dont lesportes et les fenêtres étaient constamment fermées.
Napoléon ainsi entraîné dans une lutte acharnée contre levieil ordre européen, lutte dont la déplorable catastrophe deVincennes avait été le premier acte, dont la spoliation deBayonne était le second, la captivité de Pie Nil le troisième,et pas le moins triste, oubliait à l’égard du pontife tout cequ’il devait de respect à son rang, à son âge, à ses vertus, toutce qu’il devait de gratitude à sa conduite, et surtout de mé-nagement à une puissance qu’il avait rétablie, et qu’il ne pou-vait renverser sans la plus déplorable inconséquence. Com-bien ne prêtait-il pas à rire de lui, tout grand qu’il était, auxquelques philosophes restés à Paris autour de MM. Sieyès,Cabanis, de Tracv, et qui avaient tant blâmé le Concordat!Plutôt en effet que d’en arriver aux scènes du Quirinal, il estbien certain qu’ils avaient eu raison de vouloir que les deuxpuissances, au lieu d’entrer en rapports et de signer des trai-tés, s’oubliassent tout à fait, et vécussent comme entièrementétrangères l’une à l’autre!
Mais Napoléon, aveuglé par la passion, oubliant qu’aprèss’étre fait à Vincennes l’émule des régicides, qu’après s’êtrefait à Bayonne l’égal de' ceux qui déclaraient la guerre à l’Eu-rope pour y établir la république universelle, il se faisait auQuirinal l’égal au moins de ceux qui avaient détrôné Pie VIpour créer une république romaine, oubliant qu’il avait accabléles uns et les autres de mépris, et qu’il avait obtenu la cou-ronne en affectant de ne pas leur ressembler, Napoléon avaitbientôt mis le comble à ses procédés inouïs, en prenant larésolution de détrôner Pie VII, et de lui ôter le sceptre en luilaissant la tiare. Que ceux qui avaient imaginé la Constitu-tion civile du clergé, et créé la république romaine, en agis-sent ainsi, rien n’était plus simple et ne pouvait plus hono-rablement se justifier, puisqu’ils étaient convaincus! Maisl’auteur du Concordat se conduire de la sorte! C’était de
Octob. 1809.
Resolution prisepar Napoléond’enlever auPape le gouver-nement temporel»