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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVII.

Octoh. 1609.

Etat des espritsen France aumoment du re-tour de Napo-léon à Pans.

Paris le centre de toute autorité temporelle et spirituelle, sin-gulier signe du vertige qui, dans cette tête puissante , avaitdéjà fait de si étranges progrès 1 1

Tels étaient en tout genre les événements qui s’étaient ac-complis pendant cette prompte campagne d’Autriche, et cha-cun devine aisément l’effet qu’ils avaient dû produire sur lesesprits. Cet effet avait été grand et rapide. L’opinion depuisun an, c’est-à-dire depuis les affaires d’Espagne, n’avait cesséde s’altérer par la conviction universellement répandue qu’a-près Tilsit tout aurait pu finir, et la paix régner au moins surle continent, sans l’acte imprudent qui avait renversé lesBourbons d’Espagne pour leur substituer les Bonaparte. Laguerre d’Autriche, bien que la cour de Vienne eût pris l’offen-sive , était rattachée par tout le monde à celle d’Espagne,comme à sa cause certaine et évidente. On était effrayé deces guerres incessantes qui mettaient en péril la France , sagrandeur , son repos , l’Empereur lui-méme , car tout en im-

1 Voici une lettre bien courte, comme toutes celles au moyen desquellesNapoléon décidait de si grandes choses, et qui exprime clairement sa penséeà ce sujet :

«Au ministre de la police.

» Schœnbrunn. le 15 septembre 1809.

»J’ai lu la lettre que le Pape écrit au cardinal Caprara. Comme ce car-dinal est un homme sûr, vous pouvez la lui faire remettre après en avoir faitprendre copie. Le mouvement de Grenoble à Savone a été funeste commetous les pas rétrogrades. Vous n’avez pas saisi mes intentions. C’est cepas rétrograde qui a donné des espérances à ce fanatique. Vous voyez qu’ilvoudrait nous faire réformer le code Napoléon, nous ôter nos libertés, etc.On ne peut être plus insensé.

» J’ai déjà donné l’ordre que tous les généraux d’ordre et les cardinauxqui n’ont pas d’évêché ou qui ne résident pas, soit Italiens, soit Toscans, soitPiémontais, se rendissent à Paris, et probablement je finirai tout cela en yfaisant venir le Pape lui-même, que je placerai aux environs de Paris. Ilest juste qu’il soit à la tête de la chrétienté, cela fera une nouveauté lespremiers mois, mais qui finira bien vite. Napoléon. »