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LIVRE XXXVII.
octob. 1809. conférences elles - mêmes. La clergé surtout était consternéde la nouvelle déjà répandue, qu’après bien des scènes scan-daleuses, les choses avaient été poussées à Rome jusqu’à l’en-lèvement du Pape. On priait dans les églises pour lui, on seriait du Concordat dans les salons où restaient encore quel-ques traces de l’ancien esprit philosophique, et partout ontrouvait à se plaindre , à fronder, à déprécier dans Napoléonl’homme politique, quoiqu’on admirât toujours en lui le grandcapitaine. Le bruit d’un assassinat commis sur sa personnes’était même propagé plusieurs fois, comme si le sentimentqui pousse les uns à méditer ce crime, poussait les autres aieprévoir. Enfin il était évident qu’une révolution s’opéraitdéjà dans l’opinion publique , et que le mouvement des es-prits qui soulevait l’Europe contre Napoléon , commençait àdétacher la France de lui. Toutefois, la dernière guerre, mi-raculeusement conduite à son terme en quatre mois, la glorieusepaix qui s’en était suivie, le continent encore une fois pacifiéramenaient l’espérance, avec l’espérance la satisfaction, l’ad-miration, le désir de voir ce règne se calmer, se consolider,s’adoucir, se perpétuer dans un héritier, et bien qu’en lasachant frivole on aimât Joséphine comme une aimable sou-veraine, qui représentait la bonté, la grâce, à côté de la force,on désirait, en la regrettant, un autre mariage qui donnât deshéritiers à l’Empire. On ne se bornait pas à le souhaiter, onl’annonçait indiscrètement comme déjà résolu, plaignant celledont on demandait le sacrifice, disposé peut-être à blâmerl’Empereur qui l’aurait sacrifiée, et à voir, suivant le choixqu’il ferait pour la remplacer, dans une nouvelle union unnouvel acte d’ambition.
Tel était l’état des esprits que Napoléon avait parfaitementdiscerné, mais qu’il n’aimait pas qu’on lui présentât tel qu’ilétait, se contentant de deviner les choses qui lui déplaisaient,et ne voulant pas les retrouver dans la bouche des autres.Pendant la guerre d’Autriche, le prince Cambacérès s’était tu