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[Vol. 6.]
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LE DIVORCE.

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pour n’avoir pas à les dire, mais Napoléon avait lui-mêmeprovoqué son discret archichancelier , et celui-ci, sommé des’expliquer, avait dit tout avec une mesure infinie, mais avecune honnête sincérité. Napoléon pressé de lui parler de cesimportants objets, de lui en parler avant tout autre, de lui enparler avec les plus grands développements, l’avait mandé àFontainebleau pour le 26 octobre, jour où il espérait y arriver.

Le 26, en effet, Napoléon fut rendu à Fontainebleau avanttout le monde, avant sa maison, avant l’impératrice, avant lesministres. L’archichancelier, aussi exact que discret, y étaitdès l’aurore. Napoléon l’accueillit avec confiance, avec ami-tié, mais avec une hauteur qui ne lui était pas ordinaire. Plusil sentait l’opinion s’éloigner, plus il se montrait fier enverselle; même à l’égard de ceux qui la représentaient si amicale-ment auprès de lui. Il se plaignit à l’archichancelier de lafaiblesse avec laquelle on avait supporté à Paris les angoissesde cette courte campagne, des alarmes qu’on avait si facile-ment conçues pour quelques courses du major Schill et dequelques autres insurgés allemands, de l’agitation à laquelleon s’était livré à l’occasion de cette expédition de l’Escaut,qui était, disait-il, un effet de son heureuse étoile; il témoignaquelque dédain pour le peu de caractère qu’on avait montré dansces diverses circonstances, et se plaignit surtout qu’on eût mistant d’hésitation à lever les gardes nationales quandelles auraientpu être utiles, et tant d’indiscrétion à les appeler tumultueuse-ment quand elles ne pouvaient plus servir qu’à troubler le pays.11 laissa voir plus de défiance que de coutume à l’égard des an-ciens républicains et royalistes, sembla même étendre cette dé-fiance à ses proches, affecta de considérer les affaires du clergécomme de médiocre importance, se réservant, maintenant qu’ilétait de retour, de les régler de concert avec le prince Cambacé-rès, parla enfin avec un singulier mépris de la mort, des dangersqu’il avait courus, affectant de croire, et croyant en effet, que,pour un instrument de la Providence tel que lui, il n’y avait

Octob. ie09.

Arrivée de Na-poléon à Fontai-nebleau le 26octobre, et sonentretien avecl’archichancelierCambacérès.