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[Vol. 6.]
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LE DIVORCE.

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une loi de reconnaître dans ce successeur le continuateur del’Empire. Il montra toutefois pour le prince Eugène une pré-férence marquée, se loua de lui, de ses services, de sa mo-destie , de son dévouement sans bornes, mais déclara quel’adoption ne suffirait pas pour le faire accepter après sa mortcomme héritier de l’Empire; et il ajouta que, certain d’avoirdes enfants avec une autre femme que Joséphine, il avait prisla résolution de divorcer, qu’il n’en avait rien dit surtout àcelle qui allait être sacrifiée, que cet aveu lui était très-pénible,qu’il attendait le prince Eugène chargé de préparer sa mère,et que jusque-là il voulait que le secret le plus absolu fûtgardé. Le prince Cambacérès apprit avec un vif déplaisircette grave détermination, car, ainsi que tout le monde, ilaimait Joséphine, et il sentait bien que Napoléon, en la répu-diant, allait s’éloigner davantage encore de son passé, passéqui était celui des saines idées, des desseins modérés, passédans lequel étaient compris tous les hommes de la Révolution,et duquel Napoléon ne se séparerait pas sans rompre aussiavec eux. La même prudence qui l’avait porté à condamnerla conversion du Consulat en Empire, le portait à condamnerune alliance avec quelque ancienne dynastie, sentant bienque la plus sûre consolidation c’était la durée, et que la duréedépendait uniquement de la sagesse dans la conduite. Il fitquelques timides représentations fondées sur la faveur dontJoséphine jouissait en France, sur l'affection que lui avaientvoué le peuple et surtout les militaires habitués à voir en ellel’épouse bienveillante de leur général, sur les souvenirs révo-lutionnaires qui se rattachaient à elle, sur le nouveau pasqu’il semblerait faire vers l’ancien régime, en éloignant laveuve Beauharnais pour épouser une fille des Habsbourg oudes Romanoff. A toutes ces remarques, présentées d’ailleursavec une extrême réserve, Napoléon répondit en maître ab-solu, dont la volonté planant sur le monde était en quelquesorte devenue le destin même. Il lui fallait un héritier: cet

Octob. 1809.

Opinion de I ar-chichancelierCambacérès surle divorce.