LE DIVORCE.
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La famille de Napoléon n’était pas seule venue. Les roisses alliés, ayant tous quelque intérêt à débattre, ou quelquesremerciments à adresser, avaient demandés à le visiter. C’é-taient le roi de Saxe , le roi et la reine de Bavière, le roi deWurtemberg. L’Empereur avait répondu à leurs demandesde la façon la plus courtoise, et tout annonçait, pour la fin del’automne, la plus brillante réunion à Paris de têtes couron-nées. En attendant on avait à Fontainebleau une suite defêtes magnifiques. Les spectacles, les bals, les chasses sesuccédaient sans interruption. La chasse au cerf surtoutsemblait, dans ce moment, le plaisir le plus agréable à Napo-léon. 11 passait à cheval des heures entières, et le faisait diredans les journaux , parce que, pendant la dernière campagne,on avait douté de sa santé aussi bien que de sa fortune. Ayantvoulu avoir le médecin Corvisart après de lui, autant pourjouir de sa conversation dans les loisirs de Schœnbrunn, quepour le consulter sur quelques douleurs sourdes, présage dela maladie dont il mourut douze ans plus tard, il avait donnélieu à beaucoup de vains propos sur l’état de sa santé. Pourdémentir ces bruits il courut donc du matin au soir, se van-tant de sa force qui était grande encore, et voulant qu’on ycrût. L’aspect de sa personne avait singulièrement changédès cette époque. De sombre et maigre qu’il était autrefois,il était devenu ouvert, assuré, plein d’embonpoint, sans queson visage fût moins beau. De taciturne il était devenu par-leur abondant, et toujours écouté par l’esprit ravi des uns, parla bassesse docile des autres. De brusque et sec il était de-venu impétueux, bouillant, quelquefois dur, quoique toujourscalme dans le danger, et bon dès qu’il voyait souffrir. En unmot, sa toute-puissante nature s’était complètement épanouie,et elle allait décroître, comma sa fortune, car rien ne s’arrête.Enfin, au milieu de l’affluence empressée de sa cour, il avaitdistingué une ou deux femmes, et il s’était peu gêné pourmontrer ses goûts, malgré les accès de jalousie de l’impératrice
Octob. 1809.
Changement*opérés dans lapersonne dePïapoléon.