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[Vol. 6.]
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livre xxxvrr.

Octob. 1809 . transmis par la police jusqu’à Schœnbrunn. On disait que,dans le prévoyance d’une catastrophe sur le Danube, qui eûtemporté la personne ou la fortune de Napoléon, MM. Fouchéet de Talleyrand, tournant les yeux vers Murat, s’étaient en-tendus pour préparer sur la route d’Italie les relais qui de-vaient l’amener de Naples à Paris. Du reste, c’était moins àson ambition à lui, qu’à celle de sa femme, que se rapportaientces propos. Napoléon avait accueilli Jérôme avec indulgence,bien que le sacrifice des affaires aux plaisirs fût' à ses yeuxle plus grave de tous les torts. Mais il pardonnait beaucoupau dévouement de ce frère , et il lui avait laissé espérer unarrangement avantageux relativement au Hanovre. 11 avaitété plus sévère envers Louis , qu’il estimait, mais dont lasombre indépendance, l’extrême asservissement aux volontésdes Hollandais, devenaient pour la politique de la France unevraie défection. Il laissa entrevoir au roi de Hollande lesplus sinistres résolutions relativement à son territoire. Quantà Murat, qu’il n’avait pas vu depuis longtemps et dont le nom,présent à la pensée de tous les intrigants, l’offusquait parfois,il lui avait témoigné son déplaisir, mais moins à lui qu’à safemme, dont l’esprit inquiet présageait plus d’une faute capi-tale. Amical d’ailleurs , comme il était toujours envers sesproches, il affectait davantage à leur égard l’attitude d’unmaître. En avançant dans la vie, il avait vu de plus près,chez eux comme chez tous ceux qui l’entouraient, le fond desaffections humaines; et, en approchant, sans le voir, mais enle pressentant quelquefois, du terme de sa grandeur, il sem-blait avoir contre tout le monde on ne sait quelle amertumecachée, que l’heureuse et prompte fin de la guerre d’Autrichen’avait pas suffi à dissiper, et qui se manifestait par une ex-pression d’autorité plus absolue ! .

1 II est certain que dès cette époque le ton de sa correspondence com-mençait à changer, qu'il était plus sévère, plus défiant, plus absolu , etqu’il semblait être mécontent de tout le monde.