272
LIVRE XXXVII.
Dec. 1809.
Motifs sur les-quels se fondel’autorité' diocé-saine pour pro-noncer la nuditédu mariage reli-gieux entre Jo-séphine et Na-poléon.
justifiait, suivant lui, l’absence de témoins et de curé. Quantau titre, il en affirmait l’existence, et par là rendait inutile laprécaution qu’on avait prise de retirer des mains de José-phine le certificat de mariage, qui lui avait été délivré par lecardinal Fescb, et que ses enfants avaient obtenu d’elle avecbeaucoup de peine. MM. de Talleyrand, Berthier et Durocaffirmaient que Napoléon leur avait dit à plusieurs reprisesn’avoir voulu consentir qu’à une pure cérémonie, pour rassu-rer la conscience de Joséphine et celle du pape, mais queson intention formelle à toutes époques avait été de ne pointcompléter son union avec l’Impératrice, ayant la malheureusecertitude d’étre obligé bientôt de renoncer à elle, dans l’inté-rêt de son Empire. Ces témoignages relataient des cir-constances de détails qui ne laissaient aucun doute à cesujet.
L’autorité ecclésiastique, tout examen fait, reconnut qu’iln’y avait pas consentement suffisant; mais, par respect pourles parties, elle ne voulut point s’appuyer spécialement surcette nullité. Elle s’atlacha à d’autres nullités tout aussi im-portantes , et qui provenaient de ce qu’il n’y avait point eude témoins, point de propre prêtre , c’est-à-dire pas de curéde la paroisse (seul ministre accrédité par le culte catholiquepour donner authenticité au mariage religieux). Elle déclaraque les dispenses accordées au cardinal Fesch comme grandaumônier, d’une manière générale, n’avaient pu lui conférerles fonctions curiales, et que dès lors le mariage était nulpour défaut des formes les plus essentielles. En conséquence,le mariage fut cassé devant les deux juridictions diocésaineet métropolitaine, c’est-à-dire en première et seconde instanceavec la décence convenable, et la pleine observance du droitcanonique.
Napoléon était donc libre, sans avoir recouru à rien de cequi a déshonoré dans l’histoire les répudiations de princesses,sans avoir recouru à la forme du divorce, peu conforme à