LE DIVORCE.
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assurerait d’ailleurs la paix dont on avait grand besoin , etdissiperait les craintes plus ou moins fondées que l’événementde Bayonne avait inspirées à toutes les anciennes dynasties.Aussi tous les négociateurs autrichiens , tant civils que mili-taires, avaient-ils fait à cet égard des insinuations qui n’a-vaient pas été accueillies par Napoléon, tout plein alors del’idée d’un mariage russe , mais qui étaient restées en sa mé-moire. M. de Metternich, devenu premier ministre à la placede M. de Stadion, familiarisé à Paris avec les princes et prin-cesses d’origine récente, n’ayant contre ceux-ci aucun despréjugés des anciennes cours, aurait voulu naturellement in-augurer son ministère par un mariage de si grande consé-quence politique, et le prince de Schwarzenberg, informé desdispositions de ce premier ministre, désirait autant que luisubstituerl’Autriche à la Russie, dans la nouvelle intimité quiallait, croyait-on, dominer l’Europe. Mais arrivé à Paris, ilvoyait avec chagrin le prince de Kourakin, caressé , flatté,comme le représentant de la cour avec laquelle on allait con-tracter marriage, et sa situation, déjà fâcheuse par suite de ladernière guerre, devenir plus fâcheuse encore par suite del’union qui se préparait. On avait été informé de ces dispo-sitions par le secrétaire de la légation autrichienne, M. deFloret, lequel en avait parlé à M. de Sémonville, et celui-ci semêlant le plus qu’il pouvait de toutes choses, avait redit à M.Maret ce qu’il avait appris de M. de Floret. On avait de plussous la main un Français fort lié avec M. de Schwarzenberg,c’était M. de Laborde, fils du célèbre banquier du dix-huitièmesiècle , établi en Autriche pendant la révolution , et récem-ment rentré en France. M. de Laborde était fort connu deM. de Champagny , qui l’employa en celte circonstance pourparvenir à pénétrer exactement les dispositions de l’Autriche.Le prince de Schwarzenberg fit part à M. de Laborde de sesinquiétudes, de ses déplaisirs, du chagrin qu’il avait de rem-plir à Paris une mission qui devenait des plus désagréables,
Janv. 1810,
Secrètes com-munications avecle prince deSchwarzenberg,qui re'vèlent lesde'sirs del’Autriche.