292
LIVRE XXXVII.
Janv. 1810.
Accueil empres-sé fait à Vienneà la demande demariage.
magnificence. On laissa pour la forme la mention mesquined’un douaire de quelques centaines de mille francs en faveurde la future impératrice , en cas de veuvage , et Napoléon fitstipuler pour elle un douaire de quatre millions. On préparades joyaux de la plus grande richesse. Napoléon était si im-patient qu’il fit calculer la marche des courriers, de manièreque la nouvelle du consentement étant parvenue à Paris parle télégraphe, Berthier pût partir le jour même, demander laprincesse le jour de son arrivée à Vienne, célébrer le mariagele lendemain, et amener la nouvelle épouse sur-le-champ àà Paris, pour consommer le mariage vers le milieu de mars.Le prince de Schwarzenberg consentit à tout ce qu’on voulut,et expédia son courrier en sortant des Tuileries , après voirpris sur lui de signer pour l’archiduchesse Marie-Louise unecopie littérale du contrat de mariage de Marie-Antoinette.
Le courrier expédié de Paris le 7 février arriva le 14 àVienne, et y causa la plus vive satisfaction. Le parti de laguerre vaincu dans la personne des Sladion, confondu par lerésultat de la dernière campagne, avait fait place au parti dela paix, à la tête duquel se trouvait M. de Metternich. L’idéede chercher à l’avenir le repos , la sûreté , un rétablissementd’influence dans l’alliance avec la France, laquelle devait ame-ner la dissolution de l’alliance de la France avec la Russie,cette idée dominait à Vienne, dominait la cour et la ville. Onne pouvait donc que bien accueillir un résultat qu’on avaitardemment désiré. M. de Metternich trouva l’empereur Fran-çois parfaitement disposé au projet de mariage, comme sou-verain et comme père. Comme souverain, il y voyait unecombinaison heureuse pour sa politique, car la couronne deHabsbourg était garantie, et l’union de la Russie avec la Francedétruite. Comme père, il entrevoit pour sa fille la plus bellefortune imaginable , et il pouvait même espérer le bonheur,car Napoléon passait pour facile et bon dans ses relationsprivées, indépendamment de tout ce qui devait chez lui