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l’ouest par un mouvement de terrain beaucoup plus doux se lie à unecontinuité de petits mamelons qui se prolongent dans la direction deTalavera. Ce mamelon laisse entre lui et la montagne une vallée detrois cents toises de développement où prend naissance un ravin qui seprolonge du nord au sud et qui , couvrant la gauche et le centre del’ennemi, vient se perdre dans la vallée de Talavera, à la naissance desoliviers où la droite de l’ennemi était adossée; cette droite a sur sonfront plusieurs accidents de terrain dont l’ennemi profita, soit en yélevant des ouvrages, soit en y faisant des abatis pour la rendre d’unplus difficile accès. Deux routes faciles et praticables pour l’artillerieconduisent de l'Alberche à la position de l’ennemi : l’une est la granderoute de Talavera, et l’autre se rencontre à la Casa del Campo de Sa-linas. On la suit pendant une demi-lieue dans la forêt de chênes, et,pour y arriver, il faut passer l’Alberche à gué.
»La poussière que l’on avait vue s’élever dans la direction de Casa delas Salinas faisait présumer que l'ennemi y avait un corps d’avant-garde.M. le maréchal duc de Bellune, dont le projet était de manœuvrer surla gauche de l’ennemi avec tout son corps, tandis que M. le général Sé-bastiani, avec le 4”, soutenu de la réserve, opérerait une diversion surla droite, et que la cavalerie du général Latour-Maubourg observerait lecentre, ordonna au général Lapisse de passer l’Alberche, de se diriger àCasa de las Salinas, d’en chasser l’ennemi; au général Ruffin de passeraussi l’Alberche avec son infanterie seulement, et d’appuyer par la droitele mouvement du général Lapisse. Le 46 e d’infanterie légère, qui étaiten tète de la division Lapisse, engagea bientôt la fusillade ; elle fut très-vive pendant une heure. L’ennemi avait sur ce point 6 mille hommessoutenus de quatre bouches à feu; il se retirait lentement de position enposition; le général Chaudron-Rousseau, qui dirigeait le 46 e régiment,profitant habilement d’un terrain moins garni d'arbres, ordonna à ce ré-giment de charger l'ennemi à la baïonnette, ce qu’il fit avec toute labravoure qui le distingue. Bientôt l’ennemi fut en pleine déroute et nesongea plus qu'à gagner à la course le gros de ses troupes.
»M. le maréchal duc de Bellune, qui s’était porté sur ce point, envoyal'ordre au général Villatte de passer l’Alberche et de suivre la directiondu général Ruffin ; à la brigade de cavalerie légère du général Beau-mont de soutenir la division Lapisse qui continuait à se porter en avant,ainsi que le général Ruffin ; au général Latour - Maubourg de passerl’Alberche avec sa cavalerie et de se former dans la plaine située entrela grande route de Talavera et celle de Casa de las Salinas, et à l’artilleriedes divisions et à la réserve de passer l’Alberche au gué et de suivrepar le chemin de Casa de las Salinas le mouvement de l’infanterie.
» Les divisions Lapisse et Ruffin débouchaient de la forêt de chênes ;le pays commençait à s’ouvrir ; l’on aurait pu facilement distinguer lesmouvements de l'ennemi s’il n’eût pas été si tard. Cependant on aper-cevait un corps de 40 à 12 mille hommes qui se pressait d’arriver à sa