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[Vol. 6.]
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SUR TALAVERA.

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position ; l'artillerie qui avait, débouché sur le plateau aussitôt que lesdivisions, fit un mal considérable à ces troupes et y jeta le plus granddésordre. Ce désordre fut beaucoup plus grand à la droite de l’arméeennemie ; quoiqu’elle n'eût pas été attaquée, en se mit en pleine déroute,et si dans cet instant le 4 e corps eût pu former son attaque, l’actionétait décidée. D’après le rapport des prisonniers, des déserteurs et desgens du pays, Cuesta fut obligé d’envoyer cinq régiments de cavaleriepour rallier les fuyards , et ce ne fut que fort avant dans la nuit qu’onparvint à en ramener une partie. Cuesta fit décimer les officiers, sous-officiers et soldats de plusieurs régiments. Cette terreur avait été im-primée dans son armée par le mouvement rapide du t er corps sur lagauche de l’armée combinée.

»Les divisions Ruffin, Yillatte et Lapisse n’étaient plus qu’à une demi-portée de canon de la position de l’ennemi; il était nuit, l’on ne pou-vait plus engager l’action; mais le maréchal duc de Bellune jugea quesi, à la faveur de l’obscurité et de la confusion que son attaque vive etrapide avait jetée dans les troupes ennemies, l’on réussissait à enleverle mamelon que l’on pouvait regarder comme la clef de la position, l’en-nemi ne pourrait plus tenir sans s’exposer à une défaite totale; en con-séquence il ordonna au général Ruffin d’emporter le mamelon avec sestrois régiments, au général Villatte de soutenir cette attaque, et au gé-néral Lapisse d’opérer une diversion sur le centre de la ligne ennemiesans cependant s’engager. Cette attaque n'eût pas le résultat que l’ondevait attendre ; le 9 e régiment, qui en formait la tète et qui la déter-mina avec cette bravoure qu’on lui connaît, ne fut pas soutenu ; l’obscu-rité qui régnait avait fait prendre une fausse direction au 24 e régiment,et la marche du 96 e fut retardée par le passage du ravin. L’ennemi quisentait toute l’importance de ce mamelon avait garni de plusieurs ba-taillons qu’il fit soutenir par d’autres troupes aussitôt qu’il vit qu’il étaitattaqué. La configuration du mamelon lui donnait la facilité de fairearriver ses secours promptement, tandis que nous avions un terrain dif-ficile à pratiquer pour y envoyer les nôtres; le 9 e régiment était pres-que parvenu à la crête du mamelon, quelques hommes même furent tuésen le couronnant ; mais obligé de s’engager de nouveau avec des trou-pes fraîches, il fut contraint de se reployer, et il le fit jusqu’à mi-côte,où il se maintint. Ce régiment s’acquit une grande gloire dans cette affaire,où il perdit 300 hommes tués et blessés ; le colonel Meunier s’est par-ticulièrement distingué, il a reçu trois coups de feu ; l’artillerie étaitplacée sur un monticule formé par un mouvement de terrain qui du grandmamelon court à l’est, et domine le vallon de droite, le plateau et la valléede Talavera. elle aurait pu favoriser l’attaque du mamelon, mais oncraignait de la faire agir sur nos troupes.

»M. le maréchal duc de Bellune ne crut pas devoir faire renouvelerl’attaque; les troupes étaient harassées; depuis deux heures du matinelles étaient en marche, et il en était dix du soir.