SUR TALAVERA.
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Copie de la lettre écrite par S. M.
le roi d’Espagne au maréchal duc Faits que le maréchal duc de Bellune opposede Bellune, le il août 1809 . à la lettre de S. M. C.
«J’ai reçu, M. le duc, votre let-» tre de Daimiel, du 20, avec le» rapport du chef de l'état-major du» 1 er corps, en date de Talavera,» du 10. Vous me proposez d’ap-» prouver ce rapport. Rien ne pou-» vait plus m'étonner, après l'avoir» lu, que la proposition que vous» me faites d’approuver une diatribe» astucieuse des relations que vous» avez eues avec moi depuis la ba-» taille de Medellin jusqu'à celle de» Talavera. R faut qu'on vous ait» donné une idée bien étrange de» mon caractère, ou que vous vous» en soyez imposé à vous-même en» dénaturant complètement les motifs» des procédés que j'ai toujours eus» avec vous dans tous les événe-» ments. Le ton de ce rapport est» celui d’un homme qui, mécontent» de ne commander que le plus beau» corps de l’armée, s'efforce de prou-» ver que s’il eût eu la pensée de«toutes les opérations, les affaires» eussent été bien ; qu elles ont été» mal sous mon commendement, parce» qu’il n’a pas plu à l’empereur de» me mettre sous ses ordres. Comme» vous vous êtes mépris sur la na-» ture des rapports que j’ai eus avec«vous, M. le maréchal, vous trou-» verez tout simple que je ne vous» taise plus aucune vérité.
Le chef de l’état-major du 1 er corps de l’ar-mée d'Espagne a rédigé le rapport dont ils’agit d'après le journal qu’il a l'attention detenir de toutes les opérations du corps d'ar-mée. 11 a tâché d’y mettre toute l’exactitudequ'un travail de ce genre exige, afin de don-ner à S. M. C. une connaissance parfaite desmouvements de ce corps, de ses diverses po-sitions et des motifs qui les ont déterminées :c’est dans ce seul esprit que ce rapport a étéfait. Le chef de l’état-major qui a toujoursignoré les relations que j’avais avec S. M. C.ne pouvait pas les commenter ; il ne pou-vait par conséquent en faire une diatribe,ni les mettre en comparaison dans le sujetqu'il était chargé de traiter. Il savait d’ail-leurs comme moi qu'il écrivait pour le roiseul, et certes le respect profond qu’il lui portene peut laisser aucun doute sur la pureté deses intentions, lorsqu’il s’occupait de ce tra-vail dont l’objet a été de faire connaître àS. M. C. la vérité tout entière. J’ai lu ce rap-port avant de l'adresser an roi. Si j’y avaisreconnu quelques traits qui pussent déceler mesrelations avec S. M. ou qui dénaturassent lesprocédés généreux dont elle m’a honoré danstoutes les circonstances, j’aurais supprimé unécrit si contraire à la bienséance et à la gra-titude. Si j'y avais reconnu la présomption, lavanité et tous les sentiments que S. M. C. acru y voir, je me serais bien gardé de le luiadresser, ou bien il faut supposer que j'avaisperdu tout à fait la raison pour me livrer ainsià un excès d’impudence dont on n’aurait pasd’exemple ; mais je n’ai pas à me reprochercet égarement.
Le respect que j’ai pour les vertus et lapersonne de S. M. C. m'en garantira toujours,et j'ai cru lui en donner une nouvelle preuve