Band 
[Vol. 6.]
Seite
323
JPEG-Download
 

SUR TALAVERA.

323

» Vous oubliez la lettre que je«vous écrivis dans la nuit, et vous» ignorez que tout le monde était» retiré de chez moi et reposait» lorsque l'arrivée du 4 e corps m’ap-» prit votre départ.

nemi le lendemain, S. M, C. me dit : «Je sais» depuis hier au soir que l’ennemi a montré» une colonne aux portes de Madrid. Cette co-» lonne a débouché par Escalona et Naval-» Carnero. D’un autre côté, Vénégas a passé» le Tage et te trouve sur le point d’attaquer« ma capitale. Mais les Anglais étaient devant» nous, il fallait les attaquer. J’ai cru que les» résultats de la journée seraient plus décisifs.» Il paraît que malgré les avantages obtenus«par le 1 er corps, ce serait à recommencer» demain. Je dois penser en ce moment que» Madrid renferme nos malades, nos munitions«et tous nos magasins, et qu’en donnant le» temps à Vénégas et à la colonne de Wilson«de s'en emparer, nous perdons ce que nous» avons de plus précieux. Je crains surtout que» nos malades ne soient victimes d’une sédition«populaire, et un mouvement vers la capitale«me parait indispensable. Faites connaître de» ma part à M. le duc de Bellune les motifs» qui me décident à ce mouvement. La réserve» passera i’Alberche à onze heures du soir sur«le pont, le 4 e corps suivra immédiatement,» et passera cette rivière au gué au-dessus du» pont, M. le duc de Bellune verra le raou-» vement du 4 e corps pour déterminer celui du» premier. »

D’après ce rapport, devais-je encore per-sister à rester sur le champ de bataille? J’enappelle à la justice du roi. II n’y avait pas àrépliquer; aussi donnai-je l’ordre au -1 er corpsde se retirer à deux heures du matin dans sonancienne position sur la rive gauche de l’AI-berebe. Je n’ai pas revu l’aide de camp dugénéral Latour Maubourg depuis le moment oùje l’expédiai au roi.

Je ne puis avoir oublié cette lettre ; je nel’oublierai jamais. Je ne crois pas avoir éprouvéde ma vie une surprise pareille à celle quej’ai éprouvée en la lisant. Il était quatre heuresdu matin alors ; j’étais loin de soupçonner queS. M. C. désapprouvât la retraite qu’elle m’a-vait ordonné de faire, et qu’elle eût oublié ensi peu de temps tout ce que j’avais fait et dit

21 *