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DOCUMENTS
» Vous ignorez que le général Mil-» baud était entré à Talavera, où» il n’avait rencontré personne; que» plusieurs officiers étaient entrés» dans la ville abandonnée et so-» litaire.
» Vous ignorez que dans le jour» mon intention était toujours de» repasser l’Alberche, mais que je» voulais connaître l'ennemi dans la» matinée.
» Lorsque je vous vis dans votre» ancienne position de Cazalegas, le» 29 au matin, je savais tout cela ;» je ne vous le dis pas; je vous» témoignai au contraire ma satis-» faction pour la conduite énergique» que vous aviez tenue dans la jour-» née du 28. Je prétendais vous con-» soler de ce que vous n’aviez pas» pu enlever le plateau que je m’é-a tais décidé à faire attaquer, vous,» M. le maréchal, m’ayant dit à plu-» sieurs reprises : « Il faudrait re-» noncer à faire la guerre, si avec» le 1 er corps je n’enlevais pas cette» position. » Je vous savais gré des» offorts que vous fîtes pour cela,» du dévouement personnel avec le-» quel vous ralliâtes vous-même quel-» ques troupes qui eurent besoin de« votre voix et de votre présence» pour se rappeler qu elles étaient» du I er corps et de l’armée impé-» riale. Il m’en coûte plus que vous» ne pensez, M. le maréchal, de ne» pouvoir plus persister dans ces» nobles ménagements. Dans un mo-» ment heureux où mon but était» rempli, où 80 mille ennemis avaient
pour l’éviter. Je m’en rapporte pour ma justi-fication à ce sujet à ce que S. M. C. m’a faitdire par le colonel Château. Cet officier d’in-telligence a trop de fidélité pour m’avoir induiten erreur dans un cas de cette importance.
J'ignorais en effet ces circonstances, quivenaient à l’appui de toutes mes démarches ;mais quand j’en aurais eu connaissance, l’ordreque j’avais reçu de S. M. C. n’en était pasmoins obligatoire.
Le colonel Chateau m’avait suffisamment ins-truit des intentions de S. M. C. ; c'est parceque je les connaissais bien que le mouvementrétrograde a été ordonné.
Je dois regretter que S. M. C. n’ait pas eula bonté de m’expliquer les torts dont elle mecroyait capable, lorsque j’eus l’honneur de lavoir le 29 au matin. J’aurais eu la double sa-tisfaction de m’en affranchir en sa présence,et de recevoir les éloges que je pouvais croireavoir mérités, mais que je ne puis attribuermaintenant qu'à une froide compassion.
Si le I e1 ’ corps ne s’est pas emparé du pla-teau, S. M. C. en saura dans un moment lacause, et j’espère qu’elle reconnaîtra que sagénérosité a été abusée dans les ménagementsqu’elle a cru me devoir.