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[Vol. 6.]
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DOCUMENTS

LETTRES DE L’EMPEREUR.

«Au général Clarke, ministre de la guerre.

«Schœnbrunn, le 15 août 1809.

»Je reçois votre lettre du 8. — Je ne comprends pas bien l’affaired’Espagne et ce qui s’est passé, où est restée l'armée française le 29 etle 30, où a été pendant ces deux jours l’armée anglaise. Le roi ditqu’il manœuvre depuis un mois avec 40 mille hommes contre 100 mille;écrivez-lui que c’est de cela que je me plains. Le plan de faire venirle maréchal Soult sur Plasencia est fautif et contre toutes les règles, ila tous les inconvénients et aucun avantage. 1° L’armée anglaise peutpasser le Tage, appuyer ses derrières sur Badajoz, et dès ce moment necraint plus le maréchal Soult ; 2° elle peut battre les deux armées endétail. Si, au contraire, Soult et Mortier étaient venus sur Madrid, ilsy auraient été le 30, et l’armée réunie le 15 août, forte de 80 millehommes, aurait pu donner bataille et conquérir l’Espagne et le Portugal.J’avais recommandé que l’on ne livrât pas bataille si les cinq corps ouau moins quatre n’étaient réunis. On n’entend rien aux grands mouvementsde la guerre à Madrid.

dNapollon. »

« Au général Clarke, ministre de la guerre.

» Schœnbrunn , le 18 août 1809.

» Je reçois votre lettre du \ 2. Je vois qu’il n’y a pas de lettres d’Es-pagne aujourd’hui. 11 me tarde d’apprendre des nouvelles de ce pays etde la marche du duc de Dalmatie. Quelle belle occasion on a manquée!30 mille Anglais à 180 lieues des côtes devant 100 mille hommes desmeilleures troupes du monde. Mon Dieu! qu’est-ce qu’une armée sanschef?

» Napoléon. »