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[Vol. 6.]
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SUR TALAVERA.

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Sébastiani s'apercevant que l’armée espagnole ne faisait aucun mouvement,rapprocha de lui la division allemande, et la plaça en seconde ligne dela division française. Dans ces entrefaites, il reçut l'ordre du roi de sus-pendre son attaque, et de rester sur le terrain qu’il occupait, toute ten-tative de ce côté ne pouvant avoir de résultat avantageux , depuis laretraite de la division Lapisse. Les Anglais, satisfaits d’avoir conservéleur position, n’entreprirent rien de plus, et le combat cessa sur toutela ligne, quoique les deux armées ne fussent qu’à demi-portée de canon.

» Le roi, voulant tenter un dernier effort, avait donné ordre à la ré-serve de se porter sur la droite, lorsqu’on lui fit remarquer que la jour-née trop avancée, et qu’en supposant qu’on obtînt quelque avantage, onn’aurait pas le temps d'en profiter. Sur cette représentation l'ordre futrévoqué, et le roi se retira au milieu de sa garde, où il établit son bi-vouac, paraissant bien déterminé à livrer une seconde bataille le lende-main, ou du moins à ne prendre un parti contraire qu’après avoir re-connu au jour les dispositions de l'ennemi. Cependant, vers les dixheures du soir, des officiers, venus du 1 er corps, annonçaient que le ducde Bellune était tourné par sa droite et ne pouvait plus rester dans saposition ; d’autres, au contraire, rapportaient que ce maréchal était d'avisque les ennemis ne pourraient pas résister à nne nouvelle attaque. Pours’assurer de la vérité, le roi écrivit sur-le-champ au maréchal ; mais iln’avait point encore reçu de réponse, lorsqu’à la pointe du jour, le gé-néral Sébastiani, suivi de son corps d’armée, arriva près de lui, annon-çant qu’il s’était mis en retraite, parce que le I er corps se repliait surCazalegas, en longeant les montagnes.

«Dès lors il n’y avait plus à délibérer; il fallait suivre le mouvement.La division de dragons du général Milhaud fit l’arrière-garde; les trou-pes marchèrent lentement et en bon ordre; l’ennemi ne suivit pas. Le4 e corps et la réserve arrivèrent à la position de l’Alberche par la granderoute de Talavera à Madrid, en même temps que le 4 er corps y arri-vait par celle de Casa de las Salinas. Le roi, informé que quelquesblessés étaient restés en arrière, ordonna au général Latour-Maubourgde se reporter en avant avec sa division, et de les ramener, ce qui futexécuté sans opposition de la part de l’ennemi.

«Cette retraite, opérée sans nécessité, sans ordre du chef de l’arméeet contre sa volonté, fut le sujet d’une vive contestation entre le maré-chal Victor et le général Sébastiani, chacun d’eux prétendant ne s’êtreretiré que parce que l'autre avait abandonnné sa position. »

TOM. XI.

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