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»I1 n’y a qu'un moyen de l’éviter, outre celui de s’opposer à ce pas-sage, et ce moyen est de hâter au possible la marche du général Véné-gas sur Madrid, par une ligne aussi distincte et aussi éloignée que fairese pourra de celle adoptée par les armées combinées. Cela obligera l’en-nemi à retirer un détachement de son corps principal pour l’opposer àVénégas, et le corps principal se trouvera assez affaibli par là pour nouspermettre de l’attaquer sans désavantage, ou, si cette mesure semble meil-leure, nos armées combinées pourront détacher un corps suffisant pourbattre l’armée quel’oncroit en marche à travers les montagnes de Plasencia.
» A. WBI.LBSr.KY. »
«A l’honorable J. H. Frère.
» Talavera, le 31 juillet 1809.
»J’ai reçu une lettre de don Martin de Garay, auquel je vohs prie detransmettre les observations suivantes:
» Je lui serais très-obligé de vouloir bien comprendre que je ne suisautorisé à correspondre avec aucun des ministres espagnols, et je le priede me faire parvenir par votre intermédiaire les ordres qu’il pourra avoirpour moi. J’éviterai ainsi, j’en suis convaincu, les représentations inju-rieuses et sans fondement que don Martin de Garay ne m’a point épar-gnées.
»II est facile à un gentleman, dans la position de don Martin de Ga-ray, de s'installer dans son cabinet et d’écrire ses idées sur la gloirequ'il y aurait à repousser les Français au delà des Pyrénées. Il n’y apersonne en Espagne, je crois, qui, pour arriver à ce résultat, ait autantcouru de risques et fait autant de sacrifices que moi ; mais je désireraisque don Martin de Garay, et les gentilshommes de la junte, avant de meblâmer de ne pas faire davantage, ou de m’imputer d’avance les consé-quences probables des fautes et des indiscrétions des autres, voulussentbien venir ici ou envoyer quelqu’un pour fournir aux besoins de notrearmée mourant de faim, laquelle, quoique s’étant battue pendant deuxjours et ayant défait un ennemi double en nombre (et cela au serviced'Espagne), n'a pas de pain à manger. C’est un fait positif que durantles sept derniers jours l’armée anglaise n'a pas reçu un tiers de sesprovisions; que dans ce moment il y a 4 mille soldats blessés qui meu-rent dans l’hôpital de cette ville, faute des soins et des objets nécessai-res que tout autre pays du monde aurait fournis même à ses ennemis;et que je ne puis retirer d’assistance d’aucun genre, du pays. Je ne puispas même obtenir qu’on enterre les cadavres dans le voisinage, et leursexhalaisons détruiront les Espagnols aussi bien que nous.