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[Vol. 6.]
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SUR TALAVERA.

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le long temps qui s’est écoulé depuis que nous sommes en Allemagne,l’ennemi ne connaît pas notre véritable force. Nous nous étudions ànous faire plus nombreux tous les jours. Loin d’avouer que je n’avaisà Wagram que -100 mille hommes, je m’attache à persuader que j’enavais 220 mille 1 .

«Constamment dans mes campagnes en Italie, où j’avais une poignéede monde, j’ai exagéré mes forces. Cela a servi mes projets et n’a pasdiminué ma gloire. Mes généraux et les militaires instruits savaient bien,après les événements, reconnaître tout le mérite des opérations, mêmecelui d’avoir exagéré le nombre de mes troupes. Avec de vaines con-sidérations, de petites vanités et de petites passions, on ne fait jamaisrien de grand.

«J’espère donc que ces fautes si énormes et si préjudiciables à mesarmes et à mes intérêts ne se renouvelleront plus dans mes arméesd’Espagne.

«Napoléon.»

LETTRES DE SIR ARTHUR WELLESLEY.

« Au major-général O'Donoju.

»Talavera , le 31 juillet 1809.

» Veuillez presser S. E. le général Cuesta de détacher cette nuit versle Puerto de Baîios une division de son infanterie avec des canons, etun officier expérimenté et habile sur lequel il puisse se reposer pour cecommandement.

» Si l’ennemi parvenait à s’avancer à travers le Puerto de Baîios, je nesaurais vous dissimuler que la position de nos deux armées serait exces-sivement critique.

1 II faut remarquer que Napoléon donne ici l’exemple à côte' du pre'cepte , carlui-même ne dit pas la vérité sur l’étendue de ses forces à Wagram. Dans le dé-sir de prouver à son frère et à ses lieutenants qu’il faisait beaucoup avec peu,tandis qu’ils faisaient peu avec beaucoup, il se donne 50 mille hommes de moinsqu’il n’en avait réellement à Wagram. Il existe en effet une lettre de lui au majorgénéral, celle-ci fort sincère, dans laquelle discutant les forces qu’il pourra réunirpour la dernière bataille, il les évalue à 160 mille hommes. C’était du reste uneillusion, car ses propres livrets prouvent qu’il ne put arriver qu’à 150 mille hom-mes , ce qni toutefois est bien supérieur aux 100 mille hommes qu’il se donne ici.C’est là une nouvelle preuve de la dificulté d’arriver à la vérité, même quand ontravaille sur les matériaux les plus authentiques, et des efforts de critique qu’il fautfaire pour y atteindre, ou pour en approcher.