SUR TALAYERA.
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n'auraient pas compensé ce qui manque en nombre, en composition eten valeur dans les armées espagnoles ; et un admettant qu’ils eussent étécapables de chasser les Français de Madrid, ils n’auraient pu les expul-ser de la Péninsule, même dans l’état actuel des forces françaises.
«Maintenant, supposant que l’armée portugaise parvienne à répondreà son objet, que pourra-t-on faire avec elle et le Portugal, si les Fran-çais se rendaient maîtres du reste de la Péninsule ? Mon opinion estque nous pourrions conserver le Portugal, l’armée portugaise et la miliceétant complètes.
» La difficulté sur cette seule question gît dans l’embarquement de l’ar-mée anglaise. Il y a tant d’entrées en Portugal, tout le pays n’étantque frontières, qu’il serait bien difficile d’empêcher l’ennemi d’y pénétreret il est probable que nous serions obligés de nous restreindre à pré-server ce qui est le plus important, la capitale.
«II est difficile, sinon impossible, de porter la lutte pour la capitaleaux extrémités, et ensuite d’embarquer l’armée anglaise. Vous me com-prendrez en jetant un coup d’œil sur la carte. Lisbonne est si élevé au-dessus du Tage que, quelque armée que nous réunissions, jamais elle neserait capable d’assurer à la fois la navigation de la rivière par l’occu-pation des deux rives et la possession de la capitale. Il faudrait, je lecrains, renoncer à l’un ou à l’autre de ces objets, et ce à quoi les Por-tugais renonceraient plutôt, ce serait la navigation du Tage, et naturel-lement à nos moyens d’embarcation. Cependant je n’ai pas encore suffi-samment approfondi cet intéressant sujet.
» En même temps je pense que le gouvernement devrait veiller à ren-voyer au moins les transports couverts aussitôt que la grande expéditionn’en aura plus besoin, et qu’on recevra la nouvelle positive que Napo-léon renforce ses armées en Espagne ; car vous pouvez compter que luiet ses maréchaux doivent être désireux de se venger sur nous des dif-férents coups que nous leur avons portés, et qn’en venant dans la Pé-ninsule, leur premier et grand objet sera d’en expulser les Anglais.
» Vous aurez vu par la première partie de ma lettre mon opiniontouchant la nécessité qu’il y aurait à engager les Espagnols à donner lecommandement de leurs armées au commandant en chef anglais.
» Si une pareille offre m'était faite, j’en déclinerais l’acceptation jusqu’àce que je connusse le bon plaisir de Sa Majesté, et je vous recommandefortement, à moins que vous ne vouliez courir le risque de perdrevotre armée, de n’avoir absolument rien à faire avec la guerre d’Espa-gne, sur quelque base que ce soit, dans l’état actuel des choses. Quantà Cadix, le fait est que la jalousie de tous les Espagnols, même de ceuxqui nous sont le plus attachés, et si enracinée, que lors même que legouvernement nous céderait ce point (et dans ses difficultés présentesje ne serais pas surpris qu’il le cédât) pour me décider à rester en Es-