Band 
[Vol. 6.]
Seite
348
JPEG-Download
 

348

DOCUMENTS

les n idus dans quelque branche de la profession militaire que ce soit,et que tout ce qui concerne une armée soit si peu compris. Les Es-pagnols sont réellement des enfants dans l’art de la guerre, et je ne puispas dire qu’ils fassent rien comme cela doit être fait, excepté de s'en-fuir et de s’assembler de nouveau dans l’état de nature.

»Je crois sincèrement que cette insuffisance dans le nombre, la com-position, la discipline et l’efficacité des troupes, doit être en grandepartie attribuée au gouvernement existant en Espagne; on a essayé degouverner le royaume, dans un état de révolution, en adhérant aux an-ciennes règles et aux vieux systèmes, et avec l'aide de ce qu’on appellel’enthousiasme; mais cet enthousiasme, dans le fait, n’aide à rien ac-complir et est seulement une excuse pour l’irrégularité avec laquelle toutest fait, et pour l’absence de discipline et de subordination dans lesarmées.

»Je sais que l’on croit généralement que c’est l’enthousiasme qui aait sortir victorieusement les Français de leur révolution, et que c’estlui qui a engendré les hauts faits qui leur ont presque procuré la con-quête du monde; mais si l'on examine la chose de près, l’on verra quel’enthousiasme était seulement le nom, que la force fut vraiment l'instru-ment qui sut faire naître ces grandes ressources sous le système de laterreur, qui le premier arrêta les alliés; et que la persévérance dans lemême système d’approprier chaque individu et chaque chose au servicede l’armée, par la force, a depuis fait la conquête de l’Europe.

» Après cet exposé vous pouvez juger par vous-mêmes si vous voudrezemployer une armée et de quelle force sera l’année que vous emploierezau soutien de la cause en Espagne.

» Des circonstances que vous connaissez m’ont obligé à me séparerde l'armée espagnole, et je ne puis que vous dire que je ne me senspoint d’inclination à recommencer à opérer avec eux, sous ma propreresponsabilité ; qu’il faudra que ma route soit bien clairement tracéedevant moi avant que je le fasse ; et je ne vous recommande pas d'avoirrien de commun avec eux dans leur état présent.

» Avant d'abandonner cette partie de mon sujet, il vous sera sans douteagréable de savoir que je ne pense pas que les affaires ici en eussentbeaucoup mieux marché, si vous aviez envoyé votre forte expédition enEspagne, au lieu de l’envoyer contre l’Escaut. Vous n’auriez pu l’équi-per dans la Galice, ou quelque part que ce soit dans le nord de l’Espagne.

» Si nous avions eu 60 mille hommes au lieu de 20 mille, selon tou-tes les probabilités, nous n’aurions pas livré la bataille de Talavera,faute de moyens et de provisions; et si nous avions livré la bataille,nous ne serions pas allé plus loin. Les deux armées se seraient infaillible-ment séparées par suite du manque de subsistance, probablement sansbataille, mais en tout cas bien certainement après.

» En outre, vous remarquerez que vos 40 mille hommes, en les sup-posant équipés, armés et pourvus de tous les moyens de subsistance,.