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LETTRES DE NAPOLÉON.
I" vous n’ayez pas pris sur vous d’appeler les gardes nationales; c'estse me’fier à tort d’elles. Je suppose qu’en recevant mon décret, vousvous serez occupé de former ces 30 mille gardes nationales en quatreou cinq divisions, et de désigner des généraux au Sénat pour les com-mander, et que vous aurez fait au Sénat une communication qui servirade publication. Le Sénat répondra par une adresse où il me portera laparole et qui sera une espèce de proclamation. Cela s’imprimera de suite.De leur côté les ministres donneront l’impulsion. Il faut avoir sur-le-champ 80 mille hommes en première et en seconde ligne, et donner dumouvement à la nation pour qu’elle se montre; d’abord pour dégoûterles Anglais de ces expéditions et leur faire voir que la nation est toujoursprête à prendre les armes, ensuite pour servir à reprendre l'ile de Wal-cheren, si les Anglais pouvaient la prendre, et enfin pour favoriser lesnégociations entamées ici : et certes cela leur nuira si l’on me croit em-barrassé par le débarquement des Anglais. Ainsi donc tous les moyensd’influencer l’opinion doivent être pris ; les gardes nationales de chaquedépartement désignées, et les anciens soldats qui voudraient faire cettecampagne pour chasser les Anglais doivent être invités à se réunir àLille pour former une légion.
» Napoléon. »
« Au ministre de la police.
» Schœnbrunn , 8 août 1809.
»Je reçois votre lettre du 2 août. Je suis fâché qu’au conseillesministres du 1 er on n’ait pas arrêté un message au Sénat, une levée de30 à 40 mille gardes nationales, et qu’on n’ait pas imprimé un grandmouvement à la nation. Cela était nécessaire sous le point de vue mi-litaire et aussi sous le point de vue politique, car, si l’on me croit em-barrassé par cette descente, les négociations deviendront plus difficiles.Il est donc nécessaire d’appeler la nation. 11 parait hors de doute queles Anglais en veulent à l’ile de Walcheren et à mon escadre. Celle-cin’a rien h craindre si elle retourne à Anvers. Elessingue ne court aucundanger d’être pris, puisqu’en coupant les digues on inonde toute l’ileet on oblige les Anglais à l'abandonner.
«Mettez-vous en correspondance, si vous le pouvez, avec le généralMonnet, et recommandez-lui l’ordre que je lui ai donné à plusieurs re-prises de vive voix et par écrit, de couper les digues aussitôt qu’il severrait pressé.
» Napoléon. »
« Au ministre de la guerre.
» Schœnbrunn, 9 août 1809.
»Je reçois votre lettre du 3.
»Je vous ai fait connaître hier mes intentions. J’ai peu de choses à