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[Vol. 6.]
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LETTRES DE NAPOLEON

« Au ministre de la guerre.

» Schœnbrunn, 22 août 1809.

»Je reçois votre lettre du...

»Je vois dans la copie de celle que vous a va/, écrite au prince dePonte-Corvo que vous lui dites qu’il faut hasarder une bataille pour sau-ver Anvers. Je crains que vous ayez mal saisi mon idée. J'ai dit que,dans aucun cas, il ne fallait hasarder une bataille, si ce n’est pour sau-ver Anvers, ou h moins qu’on ne fût quatre contre un, et dans unebonne position couverte par des redoutes et par des batteries. Voici mapensée tout entière: il y a deux points distincts, Anvers et l’ile de Cad-

zand, tons deux fort importants, parce que si l’ennemi s’en emparait.

nos villes de France. et inquiéterait la rive gauche.

»Je crois que le maréchal Moncey doit porter son quartier généfal àGand et avoir le commandement de l’ile Cadzand, de Terneuse, jus-qu’aux inondations de la tête de Flandre. Le prince de Ponte-Corvodoit porter son quartier général à Anvers et avoir sous ses ordres toutela partie de l’armée qui est actuellement à Lille et Berg-op-Zoom ; qu’ildoit choisir de bonnes posisitions pour empêcher l’ennemi de passer lecanal de Berg-op-Zoom, n'engager d’affaires qu’en nombre très-supérieurà lui et dans de bonnes positions, et passer son temps à exercer etdiscipliner ses troupes. Si l’ennemi n’a que 20 à 25 mille hommes pourse porter sur Anvers, 'que le prince de Ponte-Corvo puisse l’attendredans une position avantageuse et l’attaquer avec 80 mille hommes Fran-çais et Hollandais, et surtout avec beaucoup d'artillerie, il peut le fairemais en s’assurant la retraite sur Anvers. Dans tous les cas il devraitse retirer sur Anvers, considérer cette place comme un grand camp re-tranché, s’y renfermer, en occuper les dehors et voir ce que font lesAnglais. Alors le mouvemeut de ceux-ci serait bien déterminé. Le ma-réchal Moncey approcherait dans ce cas son quartier général de la têtede Flandre pour être à portée d’Anvers ; le duc de Valmy se porteraitsur Maastricht pour harceler l’ennemi, et si l’ennemi faisait la folie d’in-vestir Anvers, le maréchal Moncey ferait passer en une nuit tout ce qu’ilaurait de disponible par la tête de Flandre sur Anvers ; le duc de Val-my et les Hollandais qui sont dans Breda harcelleraient l’ennemi, et leprince de Ponte-Corvo sortirait sur un des points avec toutes ses forceset écraserait l’ennemi. Ainsi, le prince de Ponte-Corvo, cerné de lacitadelle à l’autre extrémité de la place, ne serait pas cerné par la têtede Flandre, et aurait par là sa communication avec le maréchal Mon-cey. On ferait avancer la réserve, et l’ennemi ne tarderait pas à leverle siège pour éviter une entière destruction. Ainsi Anvers ne doit jamaisêtre abandonné : le prince de Ponte-Corvo doit en défendre les appro-ches le plus possible et s’y enfermer avec l’escadre, faire des redoutes

!