RELATIVES A WALCHEREN.
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»Si jamais, ce que je ne puis croire, Flessingue venait à se rendreavant le 1 er février, vous ferez arrêter à leur arrivée en France lesgénéraux, colonels et officiers. Flessingue est imprenable, parce qu’il ya un fossé plein d’eau à passer et à cause de l’inondation. Il faut écrirepar le télégraphe et par tous les signaux de rompre les digues.
»Je suis fort aise que le général Rousseau ne se soit pas rendu àFlessingue. C’était une mesure insensée ; il y a assez de monde danscette place. Répétez par toutes les occasions au général Rousseau, auxofficiers d’artillerie à Breskens, dans Elle de Cadzand, de ne pas se dé-courager, de tirer et de tirer toujours. Il faut que les officiers d’artil-lerie aient un principe inverse du protocole ordinaire; qu'au lieu d’é-conomiser la poudre et les munitions ils les prodiguent. Il y a des cir-constances où c’est un devoir de ménager ses ressources ; c’est lors-qu’on est loin de la France; mais ici, il faut les prodiguer. Veillez àce que l’artillerie prenne des mesures pour pourvoir abondamment cespoints de poudres, de bombes, afin qu’on puisse tirer continuellement.On ne voit jamais le mal de l’ennemi, surtout sur mer. J’ai vu descombats de six heures dans lesquels on croyait n’avoir rien fait aprèsavoir tiré sans relâche, et puis tout à coup on était tout étonné de voirdes bâtiments couler et d’autres s’éloigner à pleines voiles. Mais il fautpour que cela soit efficace, que l’cn ne manque point de munitions, etqu’on prenne toutes les mesures nécessaires pour en faire arriver unegrande quantité. Qu’est-ce que c’est qu’une distance de 1,300 toisespour nos mortiers qui portent de 15 à 1,800 toises? 30 bombes nefont rien, mais la 31 e touche. Recommandez surtout que les bombessoient garnies de roches à feu. Si les bâtiments de l’ennemi sont à milletoises du bord, ils ne sont pas hors de la portée de la batterie impé-riale. Pourquoi ne les coulc-t-on pas? Ecrivez aux généraux et aux of-ficiers d’artillerie de i’ile de Cadzand et de la côte de prodiguer lesmunitions.
»Je suppose que ces détails que donne le général Rousseau que lagarnison combat hors de Flessingue, que la première bombe vient d’êtrelancée, etc., vous les mettez dans le Moniteur. 11 faut faire imprimertoutes les dépêches que vous m’envoyez, en ayant le soin d'en retran-cher quelques lignes et de changer quelques chiffres.
«Quant au.tir des boulets, le tir de l’ennemi va loin, parce que lesmarins, lorsqu’ils sont hors de portée, tirent ordinairement à toute vo-lée, et que le tir de l’artillerie de marine a plus de degrés que le tirdes pièces de terre.
«Ordonnez que la place d’Izendick soit armée, approvisionnée et miseen état de siège. F.nvoyez-y un officier commandant, un officier du génie,un officier d'artillerie, un commissaire des guerres et un garde-magasin.Faites-y mettre une grande quantité d’approvisionnements.
«Napoléon.»