PARTIE II, LIVRE IX. ( 1757.) 435
« l’innocence accusée trouvera un défenseur assez ardent pour« donner quelque repentir aux calomniateurs , quels qu’ilsn soient. »
Second Billet de la même , liasse A, n° 45.
« Savez-vous que votre lettre m’effraie? qu’est-ce qu’elle veut« donc dire? Je l’ai relue plus de vingt-cinq fois. En vérité, je n’y« comprends rien. J’y vois seulement que vous êtes inquiet et« tourmenté, et que vous attendez que vous ne le soyez plus pour« m’en parler. Mon cher ami, est-ce lace dont nousétions convenus?« Qu’est donc devenue cette amitié, cette confiance? et comment« l’ai-je perdue ? Est-ce contre moi, ou pour moi, que vous êtes« fâché? Quoi qu’il en soit, venez dès ce soir, je vous en conjure ;
« souvenez-vous que vous m’avez promis, il n’y a pas huit jours,n de ne rien garder sur le cœur, et de me parler sur-le-champ.
« Mon cher ami, je vis dans cette confiance.Tenez, je viens
« encore de lire votre lettre : je n’y conçois pas davantage; mais« elle me fait trembler. Il me semble que vous êtes cruellement« agité. Je voudrois vous calmer; mais comme j’ignore le sujet de« vos inquiétudes, je ne sais que vous dire, sinon que me voilà« tout aussi malheureuse que vous, jusqu’à ceque je vous aie vu.
« Si vous n’ètes pas ici ce soir à six heures, je pars demain pourd l’Ermitage, quelque temps qu’il fasse et dans quelque état que« je sois; car je ne saurois tenir à cette inquiétude. Bonjour, mon« cher bon ami. A tout hasard, je risque de vous dire, sans savoir« si vous en avez besoin ou non, de tâcher de prendre garde et« d’arrêter les progrès que fait l’inquiétude dans la solitude. Une« mouche devient un monstre; je l’ai souvent éprouvé. »
RÉPONSE.
• Ce mercredi soir.
« Je ne puis vous aller voir, ni recevoir votre visite, tant que« durera l’inquiétude où je suis. La confiance dont vous parlez«n’est plus, et il ne vous sera pas aisé de la recouvrer. Je ne« vois à présent, dans votre empressement, que le désir de tirer« des aveux d’autrui quelque avantage qui convienne à vos vues ;« et mon cœur, si prompt à s’épancher dans un cœur qui s’ouvre« pour le recevoir, se ferme à la ruse et à la finesse. Je reconnois« votre adresse ordinaire dans la difficulté que vous trouvez à« comprendre mon billet. Me croyez-vous assez dupe pour pen-