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Tome premier.
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rABTIE H, LIYBE X. ( 1759 )

« A Versailles ce mardi. (Liasse C, u°43.)

« Je suis ravie, je suis contente; votre lettre m’a fait un plaisir« infini, et je me presse pour vous le mander et pour vous en« remercier.

« Voici les propres termes de votre lettre : Quoique vous soyez« sûrement une très bonne pratique, je me fais quelque peine« de prendre votre argent : régulièrement , ce seroil à moi de« payer le plaisir que faurois de travailler pour vous. Je ne« vous en dis pas davantage. Je me plains de ce que vous ne me« parlez jamais de votre santé. Rien ne m’intéresse davantage. Je« vous aime de tout mon cœur; et c’est, je vous assure, bien tris-« tement que je vous le mande, car j’aurois bien du plaisir à vous« le dire moi-même. M. de Luxembourg vous aime et vous em-« brasse de tout son cœur. »

En recevant cette lettre, je me hâtai d’y répondre, en atten-dant plus ample examen, pour protester contre toute interprétationdésobligeante (*) ; et après m’être occupé quelques jours à cet exa-men avec l’inquiétude qu’on peut concevoir, et toujours sans y riencomprendre, voici quelle fut enfin ma dernière réponse à ce sujet :

« A Montmorency, le S décembre 1739.

ti Depuis ma dernière lettre, j’ai examiné cent et cent fois le« passage en question. Je l’ai considéré par son sens propre et« naturel ; je l’ai considéré par tous les sens qu’on peut lui donner,« et je vous avoue, madame la maréchale, que je ne sais plus si« c’est moi qui vous dois des excuses, ou si ce n’est point vous« qui m’en devez. »

Il y a maintenant dix ans que ces lettres ont été écrites. J'y aisouvent repensé depuis ce temps-là ; et telle est encore aujourd’huima stupidité sur cet article, que je n’ai pu parvenir à sentir cequ’elle avoit pu trouver dans ce passage, je ne dis pas d’offen-sant , mais même qui pût lui déplaire.

A propos de cet exemplaire manuscrit de Y Héloïse que voulutavoir madame de Luxembourg, je dois dire ici ce que j’imaginaipour lui donner quelque avantage marqué qui le distinguât de toutautre. J’avois écrit à part les aventures de milord Édouard, etj’avois balancé long-temps à les insérer, soit en entier, soit par ex-trait, dans cet ouvrage, où elles me paroissoient manquer. Je medéterminai enfin à les retrancher tout-à-fait, pareeque, n’étant

(*) Celte réponse se trouve dans la Convspondance (novembre 1759).