DÉCLABATIOX BEXATIVE A M. VEBNES. 685
poste un exemplaire de cette pièce pour mes étrennes. Après l’a-voir lue, je l’envoyai de mon côté à un libraire de Paris, commeune réponse aux Lettres écrites de la montagne, avec la lettresuivante :
« Je vous envoie, monsieur,, une pièce imprimée et publiée à« Genève, et que je vous prie d’imprimer et publier à Paris, pour« mettre le public en état d’entendre les deux parties, en atten-« dant les autres réponses plus foudroyantes qu’on prépare à Ge-« nève contre moi. Celle-ci est de M. Vernes, ministre du sainta Évangile et pasteur à Céligny : je l’ai reconnu d’abord à son« style pastoral. Si toutefois je me trompe, il ne faut qu’attendre« pour s’en éclaircir ; car, s’il en est l’auteur, il ne manquera pas« de la reconnoître hautement, selon le devoir d’un homme d’hon-« neur et d’un bon chrétien ; s’il ne l’est pas, il la désavouera de« même, et le public saura bientôt à quoi s’en tenir.
« Je vous connoistrop, monsieur, pour croire que vous voulus-« siez imprimer une pièce pareille si elle vous venoit d’une autre« main ; mais puisque c’est moi qui vous en prie, vous ne devez« vous en faire aucun scrupule. Je vous salue de tout mon cœur. »
A peine la pièce étoit-elle imprimée à Paris, qu’il en fut expé-dié, sans que je sache par qui, des exemplaires à Genève, avec cestrois mots : Lises, bonnes gens. Cela donna occasion à M. Vernesde m’écrire plusieurs lettres, qu’il a publiées avec mes réponses,et que je transcris ici de l’imprimé.
PREMIÈRE LETTRE DE M. LE PASTEUR VERNES.
Genève, le 2 février 1765.
Monsieub ,
On a imprimé une lettre signée Rousseau, dans laquelle on mesomme en quelque manière de dire publiquement si je suis l’au-teur d’une brochure intitulée Sentiment des citoyens. Quoiqueje doute fort que cette lettre soit de vous, monsieur, je suis cepen-dant tellement indigné du soupçon qu’il paroît qu’ont quelquespersonnes relativement au libelle dont il est question, quej’ai crudevoir vous déclarer que non seulement je n’ai aucune part à cetteinfâme brochure, mais quej’ai partout témoigné l’horreur qu’ellene peut que faire à tout honnête homme. Quoique vous m’ayez ditdes injures dans vos Lettres écrites de la mon tagne, parceque jevous ai dit sans aigreur et sans fiel que je ne pense pas comme