688 DECLARATION
quel sens elle doit être entendue. Ce qu’il y a de certain, c’estque je ne crains point de vous voir sortir du nuage où vous sem-blez vous cacher. J’ai l’honneur d’être, etc.
RÉPONSE.
Motiers, le 24 février 1763.
La phrase dont vous me demandez l’explication, monsieur, neme paroît pas avoir deux sens : j’ai voulu dire le plus clairementet le moins durement qu’il étoit possible que, nonobstant un dés-aveu auquel je m’étois attendu, je ne pouvois attribuer qu’à vousseul l’écrit désavoué, ni par conséquent faire une déclaration quide ma part seroit un mensonge. Si celle-ci n’est pas claire, ce n’estpas assurément ma faute, et je serois fort embarrassé de m’ex-pliquer plus positivement. Recevez, monsieur, je vous supplie,mes très humbles salutations.
J.-J. Rousseau.
QUATRIÈME LETTRE DE M. LE PASTEUR YERNES.
Céligny, le 1 er mars 1763.
Monsieur ,
La lumière n’est assurément pas plus claire que l’explicationque vous me donnez. Si c’est par ménagement que vous aviezemployé la phrase équivoque de votre précédente lettre, c’est parla même raison que j’avois écarté le sens dans lequel vous me dé-clarez qu’elle doit être prise. Il reste à présent d’autres ténèbres,que vous seul pouvez dissiper. Si, comme il paroît par votre der-nière lettre, vous étiez fermement résolu de me croire l’auteur dulibelle ; si vous entreteniez au-dedans de vous cette persuasion avecune sorte de complaisance, pourquoi m aviez-vous invité vous-même à reconnaître hautement cette pièce, ou à la désavouer?pourquoi aviez - vous laissé croire qu’il étoit possible que vousfussiez dans l’erreur à cet égard? pourquoi aviez-vous dit:Si je me trompe, il ne faut qu’attendre pour s’en éclaircir?pourquoi avez-vous ajouté que, lorsque j’aurois parlé, le publicsauroit à quoi s’en tenir? Tout cela n’étoit-il qu’un jeu de votrepart? ou bien auriez-vous été capable de former l’odieux projetd’ajouter une nouvelle injure à celle que vous n’aviez pas craintde me faire par une odieuse imputation ? C’est à regret, monsieur,que je me livre à une conjecture qui vous déshonoreroit, si elleétoit fondée ; je ne me résoudrai jamais à penser mal de vous,