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Tome premier.
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694 DÉCLARATION

qu’il m’impute des discours qu’il n’a vu nulle part être les miens ;car enfin où a-t-il pris que la profession de foi du Vicaire étoitcelle de J.-J. Rousseau? Il n’a sûrement lien trouvé de cela dansmon livre ; au contraire , il a trouvé positivement que je la don-nois pour être d’un autre. Voilà mes expressions : Je tran-scris un ouvrage, et je dis que je le transcris. Dans un passageon voit que c’est un de mes concitoyens qui me l’adresse, oumoi qui l’adresse à un de mes concitoyens. Dans un autre passageon lit : Un caractère timide suppléoit à la gêne, et prolongeaitpour lui cette époque dans laquelle vous maintenez votre élèveavec tant de soin. Cela décide le doute, et il devient clair par-làque la profession de foi n’est point un écrit que j’adresse, maisun écrit qui m’est adressé. En reprenant la parole, je dis que jene donne point cet écrit pour règle des sentiments qu’on doit sui-vre en matière de religion. M’imputer à moi tous ces sentiments,est donc une témérité très injuste et très peu chrétienne : si cettepièce est répréhensible, on peut me poursuivre pour l’avoir pu-bliée, mais non pas pour en être l’auteur, à moins qu’on ne leprouve. Or M. Vernes l’affirme sans le prouver. Il m’a reconnusans doute à mon style : de quoi donc se plaint-il aujourd’hui? Jele juge suivant sa règle ; et, comme on verra tout-à-l'heure, j’aiplus de preuves qu’il est l’auteur du libelle fait contre moi, qu’iln’en a que je suis l’auteur d’une profession de foi qu’il trouve sicriminelle.

M. Vernes enchérit partout sur le sens naturel des mots pourme rendre plus coupable. Par la forme de l’ouvrage, le style de laprofession de foi devoit être familier et même négligé ; c’étoitpécher autant contre le goût que contre la charité , de presserl’exacte propriété des termes. Après avoir loué avec la plus grandeénergie la beauté, la sublimité de l’Évangile, le Vicaire ajouteque cependant ce même Evangile est plein de choses incroyables.M. Vernes part de là pour prendre au pied de la lettre ce termeplein ; il l’écrit en italique, il le répète avec l’emphase du scan-dale : comme s’il vouloit dire que l’Évangile est tellement pleinde ces choses incroyables qu’il n’y ait place pour nulle autre chose.Supposons qu’entrant dans un salon poudreux, vous disiez qu’ilest beau, mais plein de poussière; s’il n’en est plein jusqu’au pla-fond, M. Vernes vous accusera de mensonge. C’est ainsi du moinsqu’il raisonne avec moi.

Les conséquences qu’il tire de ce que j’ai dit, et les fausses in-