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Tome premier.
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RELATIVE A M. VEINES.

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prononcer publiquement en son nom la sentence qui me retran-che du corps des chrétiens, pour m’exccmmunier de son autoritéprivée.

Cela se voit encore par l’épigraphe, où l’on m’accuse d’offrirau lecteur, dans un vase de paroles dorées, de l’aconit et des poi-sons.

Ce terrible début n’est point démenti par l’ouvrage : on y atta-que mes propositions par leurs conséquences les plus éloignées;ce qui seroit permis, en raisonnant bien, pour montrer que cespropositions sontfausses ou dangereuses, mais non pas pour jugerdes sentiments de l’auteur, qui peut n’avoir pas vu ces consé-quences. M. Yernes,ne se proposant pas d’examiner si j'ai raisonou tort, mais si je suis chrétien ou non, doit me juger exactementsur ce que j'ai dit, et non sur ce qui peut se déduire subtilementde ce que j’ai dit, parcequ’il se peut que je n’aie pas eu cettesubtilité ; il se peut que j’eusse rejeté le sentiment que j’ai avancé,si j’avois vu jusqu’où il pouvoit me conduire. Quand on veutprouver qu’un homme est coupable, il faut prouver qu’il n’a pune l’être pas ; et ce n’est nullement un crime de n’avoir pas suvoir aussi loin qu’un autre dans une chaîne de raisonnements.

Non content de cette injustice, M. Yernes va jusqu’à la calom-nie, en m’imputant les sentiments les plus punissables et les moinsdécoulants des miens , comme quand il ose me faire dire queJésus-Christ est un imposteur, ou du moins me faire mettre endoute ce blasphème ; doute qu’il étend, qu’il confirme, et sur le-quel on voit qu’il appuie avec plaisir, et cela par le raisonnementle plus sophistique et le plus faux qu’on puisse faire, puisqu'il éta-blit à la fois le pour et le contre ; car s’il prouve que je ne suispas chrétien pareeque je n’admets pas tout l’Évangile, commentpeut-il prouver ensuite par l’Évangile que, selon moi, Jésus futun imposteur? comment peut-il savoir si les passages qu’il citedans cette vue ne sont point de ceux dont je n’admets pas l’au-torité? Qui doute que Jésus ait fait tous les miracles qu’on lui at-tribue, peut douter qu’il ait tenu tous les discours qu’on lui faittenir. Je n’entends pas justifier ici ces doutes ; je dis seulementque M. Yernes en fait usage avec injustice et méchanceté; qu'ilme fait rejeter l’autorité de l’Évangile pour me traiter d’apostat,et qu’il me la fait admettre pour me traiter de blasphémateur.

Quand il auroit raison dans tous les points de sa critique, sesjugements contre moi n’en seroient pas moins téméraires, puis-