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Tome premier.
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belative a m, vebkes. 699

mensonge dont 1’audace effaçoit l’effet de sa déclaration; ce futd’affirmer qu’il s’étoit contenté de dire au sujet de mon livreJe ne reconnois pas là M. Rousseau. Il s’étoit si peu contenté deparler de cette manière, et tout le monde le savoit si bien, que,révolté de cette impudence, et ne sachant où elle pouvoit se bor-ner dans un homme qui en étoit capable, je restai en suspens surcette lettre; et il en résulta toujours dans mon esprit que M. Ven-ues étoit un homme que je ne pouvois estimer.

Cependant, comme son désaveu me laissoit des scrupules, jeremplis fidèlement l’espèce d’engagement que j’avois pris à cetégard : ainsi, avec h bonne foi que je mets à toute chose, j’en-voyai sur-le-champ à tous mes amis le désaveu de M. Vernes; etne pouvant le confirmer par le mien, je n’ajoutai pas un mot quipût l’affoiblir. J’écrivis en même temps au libraire qu'il sup-primât la pièce qui ne faisoit que de paroitre; et il me marquam’avoir si bien obéi, qu’il ne s’en étoit pas débité cinquante exem-plaires. Voilà ce que je crus devoir faire en toute équité; je nepouvois aller au-delà sans mensonge. Puisque j’avois fait dépen-dre ma déclaration de celle de M. Vernes, laisser courir la siennesans y répondre, et la répandre moi-même , étoit la faire valoirautant qu’il m’étoit permis.

En réponse à sa lettre, je lui donnai avis de ce que j’avois fait,et je crus que cette correspondance finiroit là. Point : d’autreslettres suivirent. M. Vernes attendoit une déclaration de ma part;il fallut lui marquerque je ne la voulois pas faire : il voulut savoirla raison de ce refus; il fallut la lui dire : il voulut entrer là-des-sus en discussion; alors je me tus.

Durant cette négociation parut un second libelle intitulé Sen-timent des jurisconsultes. Dès-lors tous mes doutes furent le-vés: tant de la conduite de M. Vernes que de l’examen des deuxlibelles, il resta clair à mes yeux qu’il avoit fait l’un et l’autre,et que l’objet principal du second étoit de mieux couvrir l’auteurdu premier.

Voilà l’historique de cette affaire : voici maintenant les raisonsdu sentiment dans lequel je suis demeuré.

J’ai à Genève un grand nombre d’ennemis très ardents quime haïssent toutautant quepeut faire M. Vernes; mais leur haineétant une affaire de parti, et n’ayant rien qui soit personnel a au-cun d’eux, n’est point aveuglée par la colère, et, dirigeant à loisirses atteintes, elle ne porte aucun coup à faux : elle est d’autant