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Tome premier.
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DECLARATION

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plus dangereuse qu’elle est plus injuste; je les craindrois beaucoup moins, si je les avois offensés; mais bien loin de là, ,e n’enconnois pas même un seul ; je n’ai jamais eu le moindre démêlépersonnel avec aucun d’eux , à moins qu’on ne veuille en suppo-ser un entre l’auteur des Lettres de la campagne , et celui desLettres delà montagne. Mais qu’y a-t il de personnel dans un pa-reil démêlé? rien, puisque ces deux auteurs ne se connussentpoint, et n’ont pas même parlé directement l’un de l’autre. J’oseajouter que si ces deux auteurs ne s’aiment pas réciproquement,ils s’estiment, chacun des deux se respecte lui-même : il re peuty avoir de querelle entre eux que pour la cause publique, et dansces querelles ils ne se diront sûrement pas des injures : des hom-mes de cette trempe ne font point de libelles.

D’ailleurs on sent à la lecture de la pièce que celui qui l’écritn’est point un homme de parti, qu’il est très indifférent sur cetarticle, qu’il ne songe qu’à sa colère, et qu’il ne veut venger quelui seul. J’ose ajouter que la stupide indécence qui règne dans lelibelle prouve elle-même qu’il ne vient ni des magistrats, ni deleurs amis, qui se garderoient d’avilir ainsi leur cause. Je suisdésormais un homme à qui ils doivent des égards, par «la seulqu'ils croient lui devoir de la haine. Attaquer mon honneur seroitde leur part une passion trop inepte et trop basse : la dignité, lénoble orgueil d’un tel corps de magistrature ne doit pas laisserprésumer qu’un homme vil puisse lui porter des coups qui luisoient sensibles, des coups qu’il soit obligé de parer.

Il m’est donc de la dernière évidence, par la nature du libelle,qu’il ue peut être que d'un homme aveuglé par l’indignation del’amour-propre, et le seul M. Vernes à Genève peut être avec moidans ce cas. Si le public, qui ne sait si j’ai eu des querelles per-sonnelles avec d’autres Genevois, ne peut sentir le poids de cetteraison, en a-t-elle pour moi moins de force, et n’est-ce pas de mapersuasion qu’il s’agit ici? De plus, combien le public même nedoit-il pas être frappé de la conformité des propos de M. Vernesavec le libelle? A qui puis-je attribuer ces propres écrits, si cen’est au seul qui les ait tenus de bouche dans le temps, dans lelieu, dans la circonstance où le libelle fut publié? Quand il l’eûtété par un autre, cet autre n’eût fait qu’écrire pour ainsi dire sousla dictée de M. Vernes : M. Vernes eût toujours été le véritableauteur ; l’autre n’eût été que le secrétaire.

Troisième raison. L’état de l'auteur se montre à découvert dans