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Tome quatrième.
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LETTRE A M. GRIMM.

vertus ; et d’autres questions semblables, qui toutes montrentqu’il est impossible d’y répondre intelligiblement au gré de celuiqui les fait. Je crois que vous conviendrez que ce n'est pas lapeine de m’expliquer une seconde fois pour n’ètre pas mieux en-tendu que la première.

5° Si je voulois répondre à la première partie de la réfuta-tion, ce seroit le moyen de ne jamais finir. M. Gautier jugeà propos de me prescrire les auteurs que je puis citer, etceux qu’il faut que je rejette. Son choix est tout-à-fait naturel ;il récuse l’autorité de ceux qui déposent pour moi, et veutque je m’en rapporte à ceux qu’il croit m’être contraires. Envain voudrois-je lui faire entendre qu’un seul témoignage enma faveur est décisif, tandis que cent témoignages ne prou-vent rien contre mon sentiment, parceque les témoins sontparties dans le procès; en vain le prierois-je de distinguer dansles exemples qu’il allègue; ën vain lui représenterois-je qu’êtrebarbare ou criminel sont deux choses tout-à-fait différentes, etque les peuples véritablement corrompus sont moins ceux qui ontde mauvaises lois que ceux qui méprisent les lois. Sa répliqueest aisée à prévoir : Le moyen qu’on puisse ajouter foi à des écri-vains scandaleux, qui osent louer des barbares qui ne savent nilire ni écrire? Le moyen qu’on puisse jamais supposer de la pu-deur à des gens qui vont tout nus, et de la vertu à ceux qui man-gent de la chair crue? Il faudra donc disputer. Voilà donc Héro-dote, Strabon, Pomponius Mêla aux prises avec Xénophon, Justin,Quinte-Curce, Tacite; nous voilà dans les recherches des criti-ques, dans les antiquités, dans l’érudition. Les brochures se trans-forment en volumes, les livres se multiplient, et la questions’oublie. C’est le sort des disputes de littérature, qu’après des in-folio d’éclaircissements on finit toujours par ne savoir plus oùl’on en est ; ce n’est pas la peine de commencer.

Si je voulois répliquer à la seconde partie, cela seroit bientôtfait ; mais je n’apprendrois rien à personne. M. Gautier se con-tente, pour m’y réfuter, de dire oui partout où j’ai dit non, etnonpartout où j’ai dit oui : je n’ai donc qu’à dire encore non partoutoù j’avois dit non, oui partout où j’avois dit oui, et supprimer lespreuves, j’aurai très exactement répondu. En suivant la méthodedeM. Gautier, je ne puis donc répondre aux deux parties de laréfutation sans en dire trop et trop peu ; or je voudrais bien nefaire ni l’un ni l’autre.