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Tome quatrième.
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la mèmte distinction appl iquée aux oiseaux. Car qui pourra se persuader quel'union du mâle et de la femelle soit plus durable parmi les vautours et lescorbeainx que parmi les tourterelles ? Nous avons deux espèces d'oiseaux do-mrstiquies, la cane et le piigeomqui uous fournissent des exemples directementcontraiires au système de cet auteur. Le pigeon, qui ne vit que de grain, resteuni à sa- femelle, et ils nourrissent leurs petits eu commun. Le canard, dontla voracité est connue, ne reconnoît ni sa femelle ni ses petits, et n'aide enrien à 1-eur subsistance ; et parmi les poules, espèce qui n’est guère moins car-nassière, ou ne voit pas que le coq se mette aucunement en peine de la cou-vée. Qe si dans d’autres espèces le mâle partage avec la femelle le soin denourrir les petits, c’est que les oiseaux, qui d’abord ne peuvent voler, et quela mère ne peut allaiter, sont beaucoup moins en état de se passer de l’assis-tance du père que les quadrupèdes, à qui suffit la mamelle de la mère, aumoins durant quelque temps.

5.11 y a bien de l’incertitude sur le fait principal qui sert de base à tout leraisonnement de M. Locke : car pour savoir si, comme il le prétend, dans lep::r état de nature la femme est pour l’ordinaire derechef grosse, et fait unnouvel enfant long-temps avant que le précédent puisse pourvoir lui-même àses besoins, il faudrait des expériences qu’assurément M. Locke navoit paslaites et que personne n’est à portée de faire. La cohabitation continuelle dumari et de la femme est une occasion si prochaine de s’exposer à une nouvellegrosses se, qu'il est bien difficile de croire que la rencontre fortuite, ou la seuleimpulsion du tempérament, produisît des effets aussi fréquents dans le pur étatde nature que dans celui de la société conjugale; lenteur qui contribueraitpeut-être à rendre les enfants plus robustes, et qui d’ailleurs pourrait êtrecompensée par la faculté de concevoir, prolongée dans un plus grand âge chezles femmes qui en auroient moins abusé dans leur jeunesse. A l’égard des en-fants, il y a bien des raisons de croire que leurs forces et leurs organes se dé-veloppent plus tard parmi nous qu’ils ne faisoient dans l’état primitif dont jeparle. La foibl esse originelle qu’ils tirent de la constitution des parents, lessoins qu’on prend d'envelopper et gêner tous leurs membres, la mollesse danslaquelle ils sont élevés, peut-être l’usage d’un autre lait que celui de leur mère,tout contrarie et retarde en eux les premiers progrès de la nature. L’appli-cation qu’on les oblige de donner à mille choses sur lesquelles on fixe conti-nuellement leur attention, tandis qu’on ne donne aucun exercice à leursforeescorporelles, peut encore faire une diversion considérable à leur accroissement ;de sorte que si, au lieu do surcharger et fatiguer d’abord leurs esprits de millemanières, on laissoit exercer leurs corps aux mouvements continuels que lanature semble leur demander, il est à croire qu’ils seroient beaucoup plus tôten état de marcher, d’agir, et de pourvoir eux-mêmes à leurs besoins.

4. Enfin M. Locke prouve tout au plus qu’il pourrait bien y avoir dansl’homme un motir de demeurer attaché à la femme lorsqu’elle a un enfant ;mais il ne prouve nullement qu'il a dû s’y attacher avant l’accouchement etpendant les neuf mois de la grossesse. Si telle femme est indifférente à 1 hommependant ces neuf mois, si meme elle lui devient inconnue, pourquoi la secourra-t-il après l'accouchement? pourquoi lui aidera-t-il à élever un enfant qu’il nesait pas seulement lui appartenir, et dont il n’a résolu ni prévu la naissance ?M. Locke suppose évidemment ce qui est en question; car il ne s’agit pas desavoir pourquoi l'homme demeurera attaché à la femme après l’accouche-