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Tome quatrième.
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NOTES.

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< grosse et fait un nouvel enfant, long-temps avant que le précédent soit hors« d'état de se passer du secours de ses parents, et puisse lui-mème pourvoir à« ses besoins. Ainsi un père étant obligé de prendre soin de ceux qu’il a en-« gcndrés, et de prendre ce soin-là pendant long-temps, il est aussi dans Vo-u bligation de continuer à vivre dans la société conjugale avec la même femme» de qui il les a ens, et de demeurer dans cette société beaucoup plus long-« temps que les autres créatures, dont les petits pouvant subsister d’eux -« mêmes avant que le temps d’une nouvelle procréation vienne, le lien du« mâle et de la femelle sc rompt de ! ui-même, et l’un et l’autre se trouvent dansa une pleine liberté, jusqu’à ce que celte saison qui a routume de rolli iter les« animaux à se joindre ensemble les oblige à se choisir de nouvelles compa-ti gnes. Et iei l’on nesauroit admirer assez la sagesse du Créateur, qui, ayantu donné à l’homme des qualités propres pour pourvoir à l’avenir aussi bien<i qu’au présent, a voulu et a fait en sorte que la société de l’homme durât<i beaucoup plus long-temps que celle du mâle et de la femelle parmi les autres<i créatures, afin que par-là l’industrie de l’homme et de la femme fut plus ex-« citée, et que leurs interets fussent mieux unis, dans la vue de faire des pro-».visions pour leurs enfants et de leur laisser du bien, rien ne pouvant être plus« préjudiciable à des enfants qu’une conjonction incertaine,et vague, ou une« dissolulion facile et fréquente de la société conjugale >

Le même amour de la vérité qui m’a fait exposer sincèrement cette objec-tion, m’excite à l'accompagner de quelques remarques, sinon pour la résoudre,au moins pour l’éclaircir.

t. J'observerai d'abord que les preuves morales n’ont pas une grande forceen matière de physique, et qu’elles servent plutôt à rendre raison des faitsexistants qu'à constater l’existence réelle de ces faits. Or tel est te genre depreuve que M. Locke emploie dans le passage que je viens de rapporter ; carquoiqu’il puisse être avantageux à l'espèce humaine que l'union de l'hommeet de la femme soit permanente, il ne s’ensuit pas que cela ait été ainsi étabUpar la nature; autrement il faudrait dire qu’elle a aussi institué la société ci-vile, les arts, le commerce, et tout ce qu'on prétend être utile aux hommes.

2. J’ignore où M. Locke a trouvé qu’entre les animaux de proie la sociétédu mâle et de la femelle dure plus long-temps que parmi ceux qui viventd’herbe, et que l’un aide à l’autre à nourrir les petits; car on ne voit pas quele chien, le chat, l’ours, ni le loup, reconno : ssent leur femelle mieux que lecheval, le bélier, le taureau, le cerf, ni tous les autres animaux quadrupèdes»ne reconnoissent la leur. Il semble an contraire que si le secours du mâleétoitnécessaire à la femelle pour conserver ses petits, ceseroit surtout dans les es-pèces qui ne vivent que d’herbes, parcequ’il faut fort long-temps à la mèrepour paître, et que, durant tout cet intervalle, elle est forcée de négliger saportée, au lieu que la proie d’une ourse ou d’une louve est dévorée en un in-stant, et qu\ lie a, sans souffrir la faim, plus de temps pour allaiter ses petits.Ce raisonnement est confirmé par une observation sur le nombre relatif de ma-melles et de petits qui distingue les espèces carnassières des frugivores, et dontj’ai parlé dans la note 8. Si cette observation est juste et générale, la femmen’ayant que deux mamellfs, et ne faisant guère qu'un enfant à la fois, voilàune forte raison de plus pour douter que l'espèce humaine soit naturellementcarnassière ; de sorte qu’il semble que, pour tirer la conclusion de Locke, il fau-drait retourner tout-à-fait son raisonnement. 11 n'y a pas plus de solidité dans