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Tome quatrième.
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224 DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE,

comme un corps organisé, vivant, et semblable à celui del’homme. Le pouvoir souverain représente la tête ; les lois et lescoutumes sont le cerveau, principe des nerfs et siège de l’enten-dement , de la volonté et des sens, dont les juges et magistratssont les organes ; le commerce, l’industrie et l’agriculture, sontla bouche et l’estomac qui préparent la subsistance commune;les finances publiques sont le sang, qu’une sage économie , enfaisant les fonctions du cœur, renvoie distribuer par tout le corpsla nourriture et la vie ; les citoyens sont le corps et les membresqui font mouvoir, vivre et travailler la machine, et qu’on ne sau-roit blesser en aucune partie qu’aussitôt l’impression douloureusene s’en porte au cerveau si l’animal est dans un état de santé.

La vie de l’un et de l’autre est le moi commun au tout, la sen-sibilité réciproque et la correspondance interne de toutes lesparties. Cette communication vient-elle à cesser, l’unité formelleà s’évanouir, et les parties contiguës à n’appartenir plus l’une àl’autre que par juxtaposition, l’homme est mort, ou l’état estdissous.

Le corps politique est donc aussi un être moral qui a une vo-lonté; et cette volonté générale, qui tend toujours à la conser-vation et au bien-être du tout et de chaque partie, et qui est lasource des lois, est, pour tous les membres de l’état, par rapportà eux et à lui, la règle du juste et de l’injuste; vérité qui, pourle dire en passant, montre avec combien de sens tant d’écrivainsont traité de vol la subtilité prescrite aux enfants de Lacédémonepour gagner leur frugal repas; comme si tout ce qu’ordonne la loipouvoit ne pas être légitime. Voyez au mot Droit la source dece grand et lumineux principe, dont cet article est le développe-ment.

Il est important de remarquer que cette règle de justice, sûrepar rapport à tous les citoyens, peut être fautive avec les étran-gers : et la raison de ceci est évidente; c’est qu’alors la volontéde l’état, quoique générale par rapport à ses membres, ne l’estplus par rapport aux autres états et à leurs membres, mais de-vient pour eux une volonté particulière et individuelle, qui a sarègle de justice dans la loi de nature ; ce qui rentre égalementdans le principe établi, car alors la grande ville du monde de-vient le corps politique dont la loi de nature est toujours la vo-lonté générale, et dont les états et peuples divers ne sont que;des membres individuels,